La nuit du maniac

J’ai beau avoir tenu jusqu’au bout,  cela fut incroyablement compliqué. Pas parce que le film est un sombre nanar horrifique des années 80 comme il pouvait en exister à cette époque. Mais bien parce que malgré les décennies, le film n’a pas pris une ride et provoque encore aujourd’hui une chose qui manque à certains films d’horreur de maintenant: le malaise.

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Maniac de William Lustig

Avec Joe Spinell, Caroline Munro, Tom Savini

Note: 16/20

Synopsis: Frank Zitto est un tueur schizophrène extrêmement violent et qui tue les femmes pour ensuite les scalper. Soyons direct: le film est crade, poisseux, dérangeant, déstabilisant, gore bien sûr. Mais ce n’est pas la violence graphique qui dérange le plus, c’est tout l’aspect psychologique qui dérange en premier. Regarder la vie quotidienne d’un psychopathe dans les bas fond de New-York met mal à l’aise et en résulte un déchainement de violence inouï. L’interprétation de Joe Spinell est incroyable, d’une intensité perturbante et dérangeante, on croirait réellement voir un tueur tant il habite son personnage.

Joe Spinell ne s’est pas contenté d’interpréter ce personnage fou dangereux. Il a coécrit, co-produit Maniac. On pourrait croire que Frank Zito fait partie du club privé des boogeymen comme Michael Myers (Halloween), Jason (Vendredi 13) ou Freddy Kruger (Les griffes de la nuit) dans le rapport que le tueur entretient avec ses victimes au moment de l’acte de ôter la vie.

Si dans les slashers, le rapport est sexuel (on punit les adolescents qui ne pensent qu’à coucher), le rapport de tueur/victime avec Frank Zitto (le tueur de Maniac) est très différent: il refoule sa sexualité avant de la laisser exploser à grand coup d’hémoglobine. L’autre différence chez Frank Zitto c’est qu’il ne tue pas avec une arme de prédilection, ce qui le différencie c’est sa respiration (une sorte de bête qui agonise ou qui se rassasie de sa proie), c’est sa marque de fabrique: il respire comme il tue.

Bien sûr le film est aidé par une mise-en-scène (William Lustig s’est surpassé) à la fois documentaire laissant la place à l’interprétation sauvage de Joe Spinell, mais aussi dans sa façon de dépeindre le New-York de cette époque, c’est une ville sale, froide, dangereuse.

Par moment William Lustig abandonne le point de vue de son protagoniste pour prendre le point de vue de pauvres victimes pour mieux nous faire ressentir leur détresse, ce qui nous fait culpabiliser d’avoir voulu regarder ce film (d’ailleurs Alexandre Aja rendra hommage au film dans l’excellent Haute Tension).

Maniac reste proche de la réalité avant de sombrer dans le fantastique malsain et une conclusion digne (ou hommage ?) d’un film de zombie de Romero, où le tueur se retrouve de l’autre côté de la barrière et finit comme ses victimes: affreusement mutilé.

Maniac est un film terriblement dérangeant. On ressort de la vision de ce long-métrage, patraque, tremblant et terrifié. C’est comme avoir pris une douche d’excréments, on en ressort plus sale qu’en entrant. Âmes sensibles et estomac fragiles s’abstenir (et pourtant j’ai l’estomac solide).

Alexis du Ciné@lex

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