Au nom des dieux

Alors que Tu ne tueras point va débarquer sur nos écrans mercredi qui va venir, replongeons dans certainement une des œuvres les plus viscérales jamais vu et surtout un film incroyable: APOCALYPTO ! C’est la seconde fois que je vois ce film et j’ai été abasourdi de nouveau.

apocalypto

Apocalypto de Mel Gibson 

Note: 18/20 

Synopsis: à l’époque de l’empire Maya et juste avant la venue des premiers colons européens, Patte de Jaguar vit des jours paisibles dans son village avec les siens en pleine forêt. Mais des soldats attaquent le village et capturent tout le monde, à l’exception des enfants et de la famille du jeune maya (cachée dans un puit dont elle ne peut sortir) . Patte de Jaguar va alors tout faire pour échapper à ses ravisseurs et retrouver les siens. J’avais entendu par Monsieur Bobine que certaines critiques parlaient d’une série B bourride filmée comme un Terrence Malik mais que l’on retrouvait l’influence de George Miller, Richard Donner et du film de John McTiernan Predator.

Il faut rajouter d’autres influences : La divine comédie de Dante et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. Ces deux œuvres ont pour but de parler d’un voyage qui conduira son protagoniste principal en enfer et de toucher du doigt la folie et la mort.

Le voyage jusqu’à la cité maya est semé d’embuche, de péripéties dangereuses et lorsque Patte de jaguar arrive à la cité il est d’abord accueilli par des visions de désolation, de pauvreté, d’immondice, des esclaves comme des fourmis, des cafards qui travaillent sans relâche (quitte à mourir) et se nourrissant de pourritures laissées par la haute société. Ensuite voilà qu’il apparaît les gens normaux, des êtres méprisants, imbus de leur personne mais qui pourtant sont des moutons stupides se fiant aux voix des monarques qui gouvernent, non pas d’une main de fer tel des tyrans, la société en prêchant la parole divine. Ces élites sont des loups qui se nourrissent de la stupidité de leur sous-fifre pour que leur pouvoir reste intact et leur privilège inattaquable. D’ailleurs ce n’est pas pour rien si cette caste est au sommet de la pyramide, ils sont la preuve vivante qu’ils vivent dans un autre monde, ils sont plus gras, fainéants, méprisants. Ils contemplent la foule comme si ils contemplaient un futur garde-manger.

Dans ce monde de fou, Patte de jaguar semble condamné à mourir mais grâce à la folie de son propre peuple, il va trouver une échappatoire et renaitre petit à petit en retournant dans la jungle son chez soi. Ce retour au source ne se fera pas sans mal et sans douleur puisque le héros combattra jaguar, chasseurs mayas et une nature des plus hostiles.

Petite aparté: au début du film, une citation nous explique la teneur du film “une civilisation ne peut être conquise de l’extérieur que si elle est détruite de l’intérieur” et quand on voit dans quelle folie se trouve le peuple maya, on ne peut être que d’accord.

Mais Mel Gibson fait de Patte de jaguar son propre Christ: ce dernier vit, meurt et ressuscite tel le fils de Dieu. Mais contrairement à ce dernier, Patte de Jaguar ne devient pas un guide spirituel et préfère repartir de rien pour mieux se reconstruire que succomber aux excès de sa propre civilisation ou que succomber à la foi de l’homme blanc. Car oui dans Apocalypto, l’homme blanc apparaît (dans un sublime mouvement de caméra qui passe d’un plan moyen à un gros plan pour finir par un plan d’ensemble qui montre la puissance de l’homme venu d’ailleurs) mais ce n’est pas pour de bonnes raisons. Et ce qui est étonnant c’est que Mel Gibson, un fervent catholique pratiquant, ne présente pas les hommes blancs comme la meilleure solution ou un espoir, non il les montre comme un nouveau mal, ce qui renforce son attachement à son héros principal.

Mais Apocalypto n’est pas qu’un film sur la décadence de notre société (car oui le film parle bien de nous à travers un peuple dont il ne reste que des monuments en ruine), mais c’est un film sur l’homme, l’humain, le vrai. Les premières minutes d’Apocalyto sont loin d’être violentes et sont même plus proche d’une franche rigolade entre beaufs que le déchainement de violence à venir. : ça parle de sexe, ça rigole sur du pipi caca (même si il n’y en a pas) et pourtant ces instants de comédies décomplexées renforcent la sympathie envers ces personnages qui vont connaître l’enfer et l’horreur (l’attaque du village est juste impressionnante) et rendre des personnages secondaires à la base comiques soudainement tragiques (voir les regards qu’échangent une vieille femme et son gendre avant que celui ci rejoigne l’autel du sacrifice).

A la sortie du film, des critiques ont trouvé que le film était raciste présentant le peuple maya comme violent, que la langue utilisée n’était pas la bonne. Mais bon après tout laissons les dans leur suffisance, le film étant juste incroyable.

Filmé avec force, virtuosité, ce récit visuel qui n’a pas besoin de dialogue pour se raconter (d’ailleurs les interprètes parlent le maya yucata) Apocalypto est une œuvre que l’on peut appeler “œuvre à se chier dessus mais qui est justement incroyable”.

Alexis du Ciné@lex

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