La jungle de tous les dangers

 Pas la peine de tourner autour du pot pendant 450 ans, Predator de John McTiernan est un pur chef d’œuvre (même si les 2 premières visions du film m’avaient laissé un frisqué, mais c’était la jeunesse). A force de le regarder durant toute ces années, il est, bien évidemment, apparu que ce film n’était pas un simple et bête film d’action.

predator

Predator de John McTiernan

Avec Arnold Schwarzenegger, Kevin Peter Hall, Carl Weather, Shane Blake

Note: Chef d’œuvre

Synopsis : Une équipe de mercenaires est envoyée dans une forêt tropicale pour sauver des otages, prisonniers de soldats mais sur place l’équipe va devoir se battre contre un ennemi beaucoup plus puissant, sournois et venu d’ailleurs : le Predator.

Dans les années 80, le cinéma de divertissement américain à proposer une multitude de personnage haut en couleur qui se sont imposés dans la culture populaire : le super soldat (Rambo), le flic cynique (Die Hard : piège de cristal), le flic robot (Robocop), le tueur indestructible (Terminator), le barbare (Conan le barbare) et enfin le chasseur ultime qui n’est autre que le Predator.

Intéressons-nous à ce dernier cette fois-ci.

Predator à la base est né d’une blague entre exécutifs à la suite de Rocky 4 : contre qui Rocky devrait-il se battre étant donné qu’il avait battu tous les adversaires les plus terribles sur Terre ? De cette blague, Jim et John Thomas en ont tiré un scénario de SF très sérieux du nom de The Hunter qui deviendra Predator. L réalisation du film sera confié à John McTiernan un inconnu qui n’avait réalisé qu’un film Nomads.

Avec Predator, John McTiernan va entrer dans la cour des très grands. Car derrière un scénario de série B voir Z, John McTiernan va en tirer un vrai film de survie et surtout un vrai film d’horreur sur le rapport de l’homme avec la nature.

Predator est un film sur le retour de l’homme à l’état le plus primitif pour pouvoir survivre dans la nature la plus hostile. McTiernan démonte tout au long de son métrage l’hyper masculinité de ses protagoniste (à l’exception de la femme) et de la super technologie.

Comme avec Piège de cristal (autre chef d’œuvre du même réalisateur), le héros devra être poussé dans ses derniers retranchements pour venir à bout d’une menace qui lui est supérieure en tout point (technologie, maitrise de l’environnement, agressivité) pour cela il devra compter sur son ingéniosité, ses propres ressources et sa capacité à revenir à un état primitif.

C’est pour cela que tous les hommes de Dutch meurent, tous se sont fiés à la technologie et à une connaissance accrue du combat sans jamais chercher à se dépasser. Cela dit malgré sa victoire sur le Predator, Dutch gardera un goût amer dans la bouche, il a plus que perdu des hommes, il a compris qu’il n’était plus grand chose sans la technologie.

L’inefficacité de la technologie et le danger invisible (en premier lieue) qui menacent les personnages du film conduit indéniablement à la peur.

Et le Predator devient l’allégorie de la nature : hostile, sauvage indomptable, étouffante. Le Predator n’est plus un extraterrestre dans une forêt, il est la forêt.

Au fur et à mesure que l’histoire avance, la mise en scène de McTiernan adopte le point de vue du Predator, multipliant les plans subjectifs en vision thermique, pour souligner la différence notable ainsi que la dangerosité et la proximité du Predator avec ses futures proies.

Le fossoyeur de films parlait de la peur dans Predator d’une manière particulière en abordant le hors-champs car si dans un film d’horreur le hors-champs crée la peur que dire d’un film dans lequel la menace est non seulement invisible hors du cadre classique mais également invisible dans le cadre. Cela génère une peur qui ne touche plus simplement les protagonistes mais aussi les spectateurs, à la fois prédateurs et proies.

Quoi qu’il en soit, avec Predator, John Mctiernan a posé une autre pierre à l’édifice du cinéma avec un grand C et pas simplement dans un genre codifié.

Alexis du Ciné@lex

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