EVEREST

J’avais participé à une excursion sur les flancs du mont Everest. L’Everest était une ascension que j’abordais petit à petit. Chaque année je me rendais au pied de ce mont et chaque année j’allais de plus en plus haut et de plus en plus je voyais ce sommet loin de moi, mais mes yeux me donnait l’impression que je pouvais l’atteindre très vite.
Mais lors de mes ascensions, je n’étais pas seul.
En fait je faisais parti d’un groupe d’alpinistes hétérogène: il y’avait des jeunes, des vieux, des adultes, des expérimentés, des inexpérimentés. Moi j’avais le sentiment de n’appartenir à aucune catégorie. Je n’étais pas seul et j’avais des amis fidèles. En fait deux.
Un garçon de mon âge et une femme (fille aurait certainement voulu dire jeune voir très jeune) légèrement plus âgée que moi. Nous étions un trio qui s’était, au fil de nos escalades, soudé. Nous dépendions d’une belle amitié sans ambiguité.
Chaque étape de mon ascension me rendait plus sûr de moi, je n’avais plus peur comme la première fois. Alors que ce sommet qui touchait les cieux sombres me narguait, moi pour me moquer je penchais ma tête et mon corps en arrière et je voyait ce vide terrifiant, une plongée abrupte vers une mort violente.
Mais j’étais insouciant.
Mais alors ? Est-ce là que les choses ont basculé ? Etrangement mon regard vers mon amie avait changé, elle n’était plus mon amie, elle était devenue mon indispensable. Et pour elle aussi, j’étais devenu son indispensable.
Nous n’arrivions nullement à faire le moindre pas l’un sans l’autre. Nous étions unis. Je lui ai alors dit toutes mes pensées les plus tendres envers elle, mon toucher le plus délicat, mon regard le plus doux.
Je n’ai pas fait un éloge à l’amour sirupeux, pompeux, exagéré. Je n’ai dit que cela “Je t’aime. Je t’aime.”
Et elle, ne répondait que par une caresse douce, comme une brise, sur ma joue et un regard bleu pénétrant. Pendant des heures nous ne faisions que nous regarder, sans parler, sans bouger.
Petit à petit l’Everest nous est apparu comme dérisoire. Petit à petit le ciel sombre, le sommet toujours plus haut, le vide terrifiant.
Petit à petit tout ceci se transforma en murs blancs, en un toit, en un lit conjugal. Petit à petit il ne restait que nous deux. Et nos regards, nos mains, nos bouches. Nos fronts se touchaient, nos cheveux s’emmêlaient, nos caresses continuaient.
Il n’y avait que cela et cette phrase simple “Je t’aime”.
Alexis LUCCISANO

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