La fin du monde

Alors que Mad Max Fury Road va quitter les écrans des salles de cinéma françaises, un petit retour vite fait sur certainement un des films les plus bandants jamais vu et salué quasi unanimement par la presse et le public.

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Mad Max Fury Road de George Miller 
Avec Tom Hardy, Charlisze Theron, Nicholas Hoult 

Note: ♥♥♥♥

Synopsis: Dans un monde ravagé par la guerre nucléaire, Max Rockatansky (ex flic de la route) se retrouve mêlé à une course poursuite entre le terrible despote Immortan Joe et Furiosa. Cette dernière est partie vers une terre promise en compagnie des femmes pondeuses de Immortan Joe. Une course poursuite folle s’engage dans le désert.

Mad Max Fury Road, 4ème film de la saga Mad Max n’est ni reboot, ni remake, mais une continuité qui prend les libertés avec les mythes posés par Sir George Miller, géniteur de l’univers Mad Max. On peut dire tout comme le disent les Warboys “je vis je meurs je vis de nouveau” et ce 4ème opus ne déroge pas à la règle. En effet le film s’ouvre sur un petit rappel des faits avant de nous montrer le 1er plan saisissant et iconique (et badass) du film: Max Rockatansky (ouais maintenant je me la pète) de dos, droit, perdu dans ses pensées, des voix qui le harcèlent, sa voix off qui démontre toute l’ampleur de la folie qui le submerge prête à exploser. Et Max d’un coup mange un lézard (radioactif) cru. Il est devenu un fou parmi les fous mais qui se persuade ne pas l’être. Ca c’est “je vis”
Après cette introduction du personnage muette (le personnage à l’écran ne parle pas), Max se retrouve prisonnier (“je meurs”) dans un univers de fous, mais des fous guidés par la voix d’un fou qui se réclame comme dieu, sermon, distribuant par sa main ce qui fait vivre et soumet les mortels : l’eau. Pourtant ce dieu qui se fait appeler Immortan Joe (on peut se dire que Immortan fait écho à immortel) a besoin lui de la ressource qui peut le faire vivre : les femmes. Et c’est la peur de perdre ce qui le maintient en vie qui rend Immortan Joe
fou.
La folie est bel et bien au centre de ce nouvel opus et contamine tout le monde, même les femmes de Immortan Joe qui sont à la recherche d’un espoir mince. De son point de vue, Max aurait pu presque s’en amuser si il ne s’était pas retrouvé dans ce bourbier et si il n’était pas hanté par ses visions.
Après s’être libéré de ses geôliers, Max retrouve toute sa bestialité, sa force (je vis de nouveau”), il ne craint pas de se battre avec qui que se soit, même pas des femmes et montre que pour survivre il faut être prêt à tout.
Retrouvant son identité, Max laisse sa place à un nouveau personnage : une femme guerrière. Son équivalent, une mutilée de la vie (elle est infirme et a perdu un être cher). Elle s’appelle Furiosa. Tout comme Max et Immortan Joe, elle a été introduise sans avoir prononcé un seul mot et par une succession de plans qui la caractérisent. Bien que ne s’aimant pas au début, Max et Furiosa vont développer un lien, que certains appelleraient de l’amour niais mais que j’appellerai plutôt de l’amour par le respect.
D’ailleurs en parlant d’amour, soulignons le seul véritable amour du film, un amour pur, innocent qui ne se consommera jamais: Nux (le warboy) et Capable (la red hair). Nux est un warboy prêt et près à mourir, soit disant ressuscité par Max mais ressuscité par les tambours de guerre de Immortan Joe. Celui qui veut tutoyer le valhala mais qui n’y arrive pas durant la première heure du film, trouvera en fin de métrage ce pourquoi il était fait et tout cela bien sûr au nom de l’amour (si c’est pas mignon…bon ça va je me tais). Comme il le dit “je vis je meurs je vis de nouveau” prend tout son sens à la fin par son geste. Quant à Capable, de femme pondeuse, elle devient une femme plus forte et déterminée qui insuffle vie et amour.
Bien sûr les autres filles ne sont pas en reste et trouvent chacune leur personnalité: Splendid est une meneuse porteuse de vie, Toast est une guerrière, Cheedo bien que la plus jeune et la plus influençable, remet en question la légitimité de la quête pour mieux renforcer la détermination, et The Dag veut recréer le monde d’avant et est la mémoire de l’ancien monde (en opposition aux sermons belliqueux de Immortan Joe, elle prie pour l’espoir). Et toutes vont lutter pour porter au plus haut l’espoir d’un avenir meilleur.
Et Max Rockatansky dans tout ça ? Si il se met légèrement en retrait pour laisser place à Furiosa, c’est pour mieux devenir cette icône de la survie, celui qui a tout vécu. Il est à la fois épique, badass, iconique mais également solitaire, enfermé dans son monde tourmenté dont il ne peut s’échapper. Et même si il semble retrouver un peu de sens à sa vie à la fin (et redevient par la même occasion plus humain qu’au début), il ne peut se faire à une vie calme en paix. George Miller montre Max sans distance mais avec un sens du recul qui permet de voir Max différemment (comme l’avait fait Hidéo Kojima avec Solid Snake dans MGS 2) et la seule scène de Max est justement hors champs pour renforcer son aspect iconique voir christique.
Par sa mise en scène limpide, lisible (même dans les courses poursuite), George Miller distille par touche une humanité fragile qui se bat pour exister. Miller ne surdécoupe pas mais chaque plan est pensé pour faire découvrir l’univers, donner vie à un personnage, une thématique. Quand Max et Furiosa font quelque chose sans se parler en même temps, George Miller fait comme si les deux personnages se parlaient, se répondaient (la séquence de nuit où Max tente d’empêcher, de toute ses forces, de faire tomber un arbre et que Furiosa pousse le camion pour le faire avancer) par de simple champs/contre champs mais qui en disent long sur leur relation.
Par la mise-en-scène on peut également voir des partis pris assez étonnant voir déconcertant : la nuit d’une couleur bleue (hommage aux années 80), les fondus au noir (souligner la temporalité) et les accélérés. Les accélérés qui sont les partis pris les plus déconcertants mais qui prennent tout leur sens: ces accélérés sont à la fois une référence aux précédents Mad Max mais également de souligner l’urgence, ils ne sont pas une faiblesse dû à un problème de lenteur, ni même une façon de dire “oh mon dieu le temps est vital”. George Miller n’est également pas en mode à filmer les explosions en gros plan comme si il filmait un porno mais tout cela est montré très sobrement en plan large voir plan d’ensemble.
Pour ce qui est de la musique, elle est orchestrale, magnifique, épique, loin du son 100% synthétique et rock des opus précédents, la B.O. se montre même émouvante. Et le dernier morceau est à la fois une forme de renaissance (pour Furiosa et Max) mais mélancolique car le destin de Max ne se trouve pas dans la renaissance mais dans une spirale infernale.
Je ne vais pas parler du casting étant donné qu’il est très bon (Nicholas Hoult, Charlize Theron, Tom Hardy excellents).
Je conclurai en parlant des dernières secondes de Fury Road qui montre 2 destins liés l’un à l’autre, si l’un est élevé et revit, le second revit mais ne peut se défaire de son passé.
Au final Mad Max Fury Road est un exceptionnel film, qui raconte plus par l’image que par les dialogues (merci Sergio Leone) et même si la surprise n’est plus à chaque vision du film, de nombreuses images restent gravées dans la tête. Quel film.

Alexis du Ciné@lex

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