le bonheur à tout âge

1er long métrage, 1er succès pour René Allio. La vieille dame indigne est, avant d’être un film, une nouvelle écrite par Bertoit Brecht tiré du recueil La Vieille Dame indigne et autres histoires (1928-1948).

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La vieille dame indigne de René Allio
Avec Sylvia, Victor Lanoux, Jean Bouise, Malika Ribowska
Note : ♥♥♥

 Le film raconte le quotidien de Madame Bertini, après le décès de son mari, dans les quartiers populaire du Marseille du milieu des années 60, étouffée par ses enfants qui cherchent à lui faire vendre son magasin, elle trouve le réconfort auprès d’une jeune femme libre : Rosalie.
La vieille dame indigne est témoin d’un changement, d’une époque qui peu à peu va faire place à la modernité. C’est un film métaphorique, qui bien que plaçant une vieille femme au centre de l’intrigue, renforce ce sentiment du révolu. René Allio filme de manière posée mais le placement de la caméra est témoin de ce changement qui se fait lentement.
Le scénario ne possède pas une réelle intrigue, il s’agit tout au plus d’une chronique dans un quartier de Marseille où les évènements défilent simplement. D’ailleurs l’intrigue se déroule sur plus d’un an et nous voyons comment le quartier évolue. Mais au final rien a bougé en une année, les choses sont restées les mêmes.
Le spectateur suit des personnages accaparés par les problèmes quotidiens, ils n’ont rien d‘extraordinaire dans leur banalité mais très vite ils deviennent attachants, touchants, tendres et proches du spectateur. A commencer par Madame Bertini (magnifiquement jouée par Sylvie) une vieille dame qui, malgré les tracas, a décidé de pleinement vivre sa vie même après le décès de son époux et comme le dit la chanson au début et à la fin de La vieille dame indigne toute personne à le droit de vivre pleinement sans se soucier du lendemain. Les autres personnages sont tous très bien interprétés avec justesse et sans pathos par des acteurs et actrices qui jouent avec un naturel qui fait oublier qu’ils sont seulement des interprètes.
On peut également noté qu’il s’agit d’un film à l’intrigue fermé, s’ouvrant et se fermant sur une même chanson d’une part, le film s’ouvre sur une série de clichés de photo qui présente le personnage principal qui évolue dans son micro-univers avant que l’histoire ne débute et ensuite nous retrouvons une nouvelle série de photos qui montre les derniers instants de vie (et de bonheur) de Madame Bertini. Et bien que l’on suppose que l’issue ne sera pas forcément joyeuse la boucle est inévitablement bouclée. Nous commençons par la vie et nous terminons par la mort.
D’un point de vue technique, La vieille dame indigne est un film très sobre, à la fois pour des raisons budgétaire et une intrigue linéaire. René Allio filme avec un minimum de plans de coupe, laissant priorité avant tout au plan d’ensemble. Le film pêche tout de même par un montage un peu trop hésitant, les transitions entre chaque scène sont parfois maladroites et brutales alors que l’intrigue est très lisse et plaisante à regarder.
Au final La vieille dame indigne est un premier petit film d’une poésie et d’une douceur qui fait chaud au cœur maladroit par moment mais toujours d’un amour sincère pour ses personnages et d’une honnêteté envers son public. Et pour les curieux qui souhaiterait voir le film, il est trouvable sur YouTube. Alors voyez le ! 

                                                                                                                                                                                        Alexis du Ciné@lex

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