Réservoir à chiens

Revoir Reservoir Dogs pour la 20ème fois c’est un peu comme prendre une bonne murge un samedi soir entre pote : ça nous a manqué mais qu’est ce que c’est bon. Reservoir Dogs est un bon film, et pour un 1er film il y a vraiment des partis pris de mise en scène couillu.

Image

Reservoir Dogs de Quentin Tarantino
Avec Harvey Keitel, Tim Roth, Steve Buscemi, Michael Madsen, Chris Penn, Eddie Bunker, Lawrence Tierney, Quentin Tarantino

Note: ♥♥♥

Reservoir Dogs raconte l’histoire d’un braquage qui a mal tourné, il y’a une balance parmi les 6 braqueurs mais qui ? 
A partir de ce postulat de base Quentin Tarantino va offrir une histoire non linéaire aux spectateurs provoquant plus des ruptures temporelles que de ton. Il n’y a pas vraiment de personnage principal mais on se balade de personnage en personnage, on en sait un peu plus sur Mr White, Mr Blonde, Mr Orange, Joe Cabot et Eddy le gentil principalement. 
Le film est construit un peu comme une pièce de théâtre (unité de lieu, de temps et unité d’action) mais Quentin Tarantino se permet de sortir de son fil pour se concentrer sur un personnage pour nous en dire un peu plus sans trop dévoiler. 
On peut aussi apercevoir dans ce style théâtrale, l’utilisation du hors champs car (comme dans nos bonnes vieilles tragédies françaises) on ne peut pas tout montrer ce qui renforce un sentiment de malaise (la séance de torture) et fait poser un max de questions aux spectateurs (qu’est qu’il y a derrière cette porte par exemple). 
On reste quelque peu cloisonné, d’ailleurs on remarquera que le film se passe à 90% dans des lieux fermés (un entrepôt, un restaurant, un bureau, une chambre, une voiture même) et les 10% restant dans la rue seulement. Ce qui renforce ce cloisonnement c’est la mise en scène de QT qui place un cadre dans un cadre (la caméra filme dans un espace restreint où l’on voit les murs ou les portes). 
Il y a aussi, mis à part le cadre dans le cadre, des plans larges où les acteurs se donnent dans des interprétations “sur”joués: déclamant, se battant, criant. C’est du théâtre même quand Tim Roth répète sa blague des chiottes. 
Pour son premier film, Quentin Tarantino agit instinctivement ce qui fait que l’on est surpris tout le temps: par le placement de caméra ou la structure du scénario qui fait allers retour entre passé et présent de manière jamais linéaire. 
Le scénario est très bien écrit, les dialogues sont bons, l’intro est géniale entre la super queue de Madonna et le pourboire, mais on peut rester dubitatif sur certains points: est ce le doublage français ou est ce que le scénario était écrit comme ça ? Mais par moment les personnages disent un truc et deux secondes plus tard ils disent autre chose (par exemple White explique à Pink qu’il a dit comment il s’appelait il y’a quelques jours à Orange et ensuite explique qu’il a dit tout cela alors que Orange était blessé) et le flinguage de fin est un peu tiré par les cheveux (comment White arrive à tirer sur deux hommes en sachant que l’un d’eux lui a tiré dessus ?). Mais le scénario est quand même bien fichu et les dialogues sont très bons, il n y a rien redire dessus. 
Quant aux interprètes, tous sont excellents. Harvey Keitel a une vrai classe, une véritable élégance. Tim Roth a un côté rebelle, un peu rock qui lui va à ravir. Michael Madsen a une cool attitude malsaine, et on aime le détester tant son personnage est un véritable salopard. Chris Penn est génial à moitié fou et postillonnant comme un arrosoir. Et Steve Buscemi est indissociable de son personnage (presque on ne voit que lui dans le film). 
Et bien sûr un mot sur les chansons utilisées dans le film, une bonne partie est anecdotique (on les entend vite fait par ci par là) mais elles sont vraiment entrainantes et devenues cultes grâce à Reservoir Dogs (Stuck in the middle with you, Little green bag, Hooked on feeling). 
Au final Reservoir Dogs est un premier essai réussi qui apporte une certaine fraicheur au genre du film de gangster en proposant des partis pris osés (pas de scène de braquage), une réalisation qui emprunte plus du côté du film d’auteur expérimental (façon nouvelle vague française mais avec du flingue et du sang) que du film de série b (on ne va pas s’en plaindre ça donne du cachet au film), avec des dialogues et des scènes cultes et une BO à s’en taper le pied par terre. 
Bref Reservoir Dogs reste bon malgré les années. 
And the super song of the 70’s continues. 

Alexis du Ciné@lex

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s