Va te faire huiler

Pour tout dire ce Robocop est à la fois un remake car il reprend les grandes lignes de l’intrigue du film original, classique, culte de Paul Verhoeven mais dévie de sa trajectoire de bête copier/coller pour livrer un film un peu plus neuf. Mais ce que l’on peut retenir c’est que ces 2 robocop ont été réalisé par des regards extérieurs, des étrangers. Annoncé comme un échec avant même sa sortie, fustigé au moment de son tournage et les photos montrant le design de robocop laissé présager le pire mais surtout 99% des gens flinguaient le film de noms peu flatteur ou bien n’hésitaient pas à diffuser des extraits de Robocop de l’hollandais violent pour dire “ça c’est du cinéma” et croyez moi j’en faisais parti (je n’ai jamais réellement tapé sur un remake mais en ce qui concerne celui là j’étais virulent).

Image

Robocop de José Padilha 
Avec Joel Kinnaman, Abbie Cornish, Gary Oldman, Michael Keaton, Samuel L Jackson

Note : ♥♥ 

Robocop 2014 raconte comment le PDG de Omnicorp veut faire accepter au peuple américain que les robots sont l’avenir et l’arme la plus efficace contre le crime. Pour cela il demande à un génial ingénieur d’imaginer un homme dans une machine, et c’est à ce moment que débarque Alex Murphy, un inspecteur de police incorruptible, victime d’un complot et gravement mutilé qui va permettre la création d’un nouveau super flic: Robocop.
Soyons honnête, ce robocop n’est pas une catastrophe (pas celle annoncée partout dans le monde) mais il n’est pas une réussite non plus.
En fait, il s’agit d’une tentative de moderniser un personnage si particulier: en effet robocop est à la base un produit (comme une voiture, un sèche cheveux) pas un héros ou un super-héros, il devient une figure héroïque en se battant, en se retournant contre ses créateurs. Dans le cas de Robocop 2014, c’est l’entourage de Alex Murphy qui va le conduire à devenir une figure héroïque en remettant en cause un système.
On ressent et comprenons le manque de liberté de mouvements de Murphy, même expliqué nous voyons qu’il est lié à un ordinateur qui lui sur ses supposés actes libres. Et le fait que sa mémoire ne soit pas effacée apporte un dilemme à Murphy doit il agir comme un humain ou un robot ? Doit il agir pour se venger ou lutter contre le crime ? A partir du moment où Murphy devient robocop, la réponse reste en suspend et dépasser la ligne rouge n’est jamais loin. Thématiquement Robocop 2014 apporte plus d’ambiguité sur les actes de son héros.
Il s’agit également de montrer l’info comme meilleur arme des industries capitalistes et opportunistes. Le message contestataire est là mais il est moins politisé que le Robocop de Verhoenven.
Alors certes, robocop ne tue pas autant que l’original (tous public mis en avant certes mais également car il doit intercepter les coupables avant tout), mais l’absence de sang reste frustrante. Un autre pépin lié à la violence, on ne sent jamais que Detroit City est au bord du chaos avec de la violence dans tous les coins de rue. Le seul instant de chaos réel est présenté au tout début et fonctionne assez bien: on suit une équipe de télé américaine pro belliqueuse évoluer dans une rue de Téhéran accompagnait de ED-209 et de soldats nouvelle génération qui sont attaqués et ripostent de manière violente.
La mise en scène est loin d’être faiblarde mais ne propose pas de point de vue, les scènes d’action sont trop mal fichues et aucunes ne se démarquent (contrairement à l’original). Quant à la scène d’action finale, elle manque de tension dramatique.
La réalisation n’est pas mauvaise, le design de Robocop passe un peu mieux à l’écran mais ne vaudra pas l’armure originale. les ED-209 ne sont pas trop mal mais pas aussi grotesques, drôles que l’original. Les effets spéciaux sont bons mais dans l’ensemble ça reste banal et les sfx seront vite dépassés par un film beaucoup plus ambitieux. José Padilha alterne caméra posée et caméra à l’épaule pour faire distinguer dialogues et action mais rien d’innovant (mis à part des effets de transition bien fichus).
Les acteurs et actrices s’en sortent assez bien: Joel Kinnaman s’en sort bien dans et hors de l’armure, Abbie Cornish passe son temps à pleurer, Jackie Earle Haley est plutôt classe mais pas assez psychopathe pour faire peur (Clarence Baudiker est indétrônable), Samuel L. Jackson est super, Michael Keaton et Gary Oldman sont les meilleurs (totalement opposés comme deux géniteurs, l’un opportuniste, manipulateur et cynique et l’autre humain et honnête).
Ce Robocop 2014 n’est pas une purge mais il est “pas terrible”. De toute façon rien ne peut détrôner le grand Robocop. 50% pas terrible 50% regardable et 100% oubliable.

Alexis  du Ciné@lex

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