100 % culte

Dans les années 80, nombreux héros ont émergé, redéfini le cinéma de genre et traumatisé plus d’un. Nous avons ainsi vu l’émergence d’un soldat surentrainé (Rambo 1 et 2), d’un extraterrestre sauvage et dangereux (Aliens), un chasseur qui n’avait pas une gueule de porte bonheur (Predator), un flic râleur et cynique (Piège de cristal), un robot tueur (Terminator) et un robot flic (Robocop).

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Robocop de Paul Verhoeven 
avec Peter Weller, Nancy Allen, Ronny Cox, Kurtwood Smith

Note: Chef d’oeuvre

Intéressons nous à ce dernier, né de l’esprit de deux scénaristes qui rêvaient chacun de leur côté d’une histoire de robot particulier (Edward Neumeier et Michael Miner) et créèrent Robocop, l’histoire d’une résurrection ou plutôt un film d’action science-fiction au relent très westernien.
Ainsi l’histoire de Robocop est très simple: à Détroit, un bon flic (Peter Weiller) est assassiné par une bande de truands, laissé pour mort il devient le fruit de création de l’OCP sous le nom de Robocop, un super flic robotique.
Derrière ce synopsis qui pouvait craindre de voir débouler une série Z minable (comme pour Predator, Terminator…), Robocop propose bien plus que cela.

Son réalisateur Paul Verhoeven (les futurs classiques Basic Instict, Total Recall, Starship Troopers) et ses 2 scénaristes vont s’investir dans le film et vont ainsi se permettre d’analyser une partie de l’histoire américaine (les années Reagan) sous un angle original et cynique.
Donc Robocop n’est pas dans le film un héros mais un produit au même titre qu’une voiture ou qu’un jeu de société. Robocop a des fonctions prioritaires: être au service des citoyens, protéger les innocents, faire respecter la loi et une directive secrète, que les supers héros connaissent mais qui ne sont que de simples programmes pour un “produit”. Mais Robocop va montrer qu’il est un humain et non une machine ou un produit.

Après tout pendant 25 minutes, n’avons nous pas un homme au physique banal (mais ressemblant étrangement à Clint Eastwood) faisant un boulot honnête? Oui mais comme a dit le hollandais violent “je voulais montrer Satan tuer Jésus” et il le prouve via une séquence des plus violentes et éprouvante dans le cinéma d’action où Alex Murphy (Peter Weiller) est mutilé, truffé de plomb et abattu comme un animal, sous les yeux d’une partenaire choquée (Nancy Allen). Cette séquence renvoie à une peinture du 18è siècle (je ne sais plus) montrant la crucifixion, la mise à mort et la résurrection de Jésus Christ.

D’ailleurs ces étapes sont montrées dans l’ordre chronologique renforçant le côté religieux du film. D’autres références sont omniprésentes tout au long du film, que se soit la visite d’un “paradis” artificiel, cette fois, ou d’un Robocop marchant sur l’eau.
Bref ce côté religieux n’omet pas le plus essentiel: l’action. Ainsi nous avons droit à de véritables moments d’anthologies (tel qu’une descente dans un centre de fabrication de drogue).
Mais comme je l’ai dit ce film est un western, à la fois américain et italien, si Robocop est le cow-boy blanc, incorruptible, toujours du côté de la loi, il est aussi un cow-boy noir digne des personnages joués par Clint Eastwood en Italie.
Ainsi Murphy (et plus tard Robocop) ne parle pas beaucoup, ne prononçant que de courtes répliques parfois teinté d’un humour sarcastique (après avoir sauvé une femme d’un viol, Robocop lui indique qu’il appellera le centre antiviol ou après avoir saccagé une épicerie, il souhaitera une bonne nuit aux commerçants).
Cet humour caractérisant le personnage complète parfaitement l’esprit cynique et contestataire du film sur la politique de consommation de l’ère Reagan (via des publicités et un feuilleton débile dont on ne connaîtra jamais le sens).
Mais cet ère Reagan marque aussi le début du capitalisme à l’excès, sexe, drogue, mais surtout comme le montre la relation de haine entre 2 cadres cherchant à conquérir le PDG de l’OCP, quitte à s’entretuer par des méthodes peu orthodoxes et violentes.
Ah la violence du film!!! C’est vrai que Paul Verhoeven vient de l’Europe (le continent de Godard, d’Almodovar, de… eh ne vous endormez pas!) mais c’est un réalisateur viscéral et qui pour exprimer un sentiment utilise la violence comme langage.
Après tout ne voyons nous pas Murphy tué? Si, ne voyons nous pas 20 truands abattus par Robocop? Si, et ne voyons nous pas Robocop se venger enfin? Si! Le sang coule à flot et les corps sont souvent en lambeaux. Paul Verhoeven filme la violence comme il filme robocop se souvenant de qui il était (avec une série de séquences le montre retrouvant la mémoire notamment grâce à une scène où il visite sa maison vide, revoyant sa femme et son fils, son paradis perdu à tout jamais) avec du coeur et des tripes (ces séquences sont vraiment, surtout la dernière citée, déchirantes).
Mais reparlons de l’action. Pour son 1er film rempli de gunfight, le hollandais violent s’en sort avec une aisance déconcertante (ce qui se confirmera avec Starship Troopers) mais aidé aussi par une seconde équipe (Monte Helman était de la partie aussi) citant sans difficulté Peckinpah, Leone et les films de chevalerie comme influences.
Bien que je n’en parle pas souvent, La musique tient une place particulière. Elle démontre la dualité que se livre le héros tout au long du film (est il une machine ou un homme enfermé dans une machine) et place le regretté Basil Poulduris au panthéon des grands compositeurs de cinéma de genre (le thème trotte dans la tête longtemps après visionnage) grâce à une musique épique et synthétisée.
Les acteurs sont épatants surtout le duo Peter Weller et Nancy Allen, transcendant des rôles complexes mais clichés (l’amourette entre une flic et une machine-homme est elle possible? En tout cas on en a l’impression), les méchants sont interprétés par des acteurs en pleine forme (Ronny Délivrance Cox dans un contre emploi et Kurtwood Smith glaçant et terrifiant).
Bref un sans faute pour Robocop 1, car ses suites n’arriveront pas à retrouver ce regard cynique sur l’Amérique et ne se contenteront de montrer un déferlement d’action (mais c’est mon avis personnel).
Et puis, obligé d’en parler, ce final est génial “Comment vous appelez vous jeune homme?” “MURPHY”.
50% Homme, 50% Robot, 100% Verhoeven!!!!

Alexis du Ciné@lex

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