Le dernier vol

Est il possible de rester libre et d’être guidé par ses rêves dans un monde qui devient de plus en plus violent et pessimiste ? Le dernier film de Miyazaki, dont il n’est pas nécessaire de rappeler sa filmographie sans faute, a décidé de livrer un message d’espoir dans un monde gris et triste.

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Le vent se lève de Hayao Miyazaki

Note : ♥♥♥♥

Paradoxalement à ce message d’espoir, Miyazaki dépeint la vie du créateur des avions de combat Mitsubishi Zero : Jirō Horikoshi.
Ce qui impressionne dès les premiers instants du film, c’est l’incroyable simplicité du dessin (ce qui ne veut pas dire dessins bâclés) mais le réalisateur du Voyage de Chihiro nous permet de nous focaliser sur les personnages.
Les personnages sont d’une humanité à fleur de peau ; à commencer par Jirō Horikoshi est un être qui ne souhaite que deux choses : construire des avions et vivre simplement.
Jiro est un héros ordinaire, il aide son entourage sans rien demander en retour.
Quant à son grand amour Naoko Satomi, son énergie, sa force de caractère cachée derrière une apparence frêle en font une des figures féminines les plus marquantes, elle est très loin du cliché de la femme soumise et souriante. Le couple que forme Jirō et Naoko est plus proche d’un couple de l’ère du romantisme du 19ème siècle avec tout ce que cela impose en terme de drame : la beauté d’un amour pur est contre balancé par une issue tragique.
En dehors de ces deux personnages très attachants, notons également un personnage secondaire fort appréciable en la personne de Kurokawa. Bien que semblant assez dur aux premiers abords, il est en fait un personnage d’une tendresse infini appréciant et aimant Jirō comme un père aimant son fils (d’ailleurs Jirō évoque souvent son père dans le film mais ce dernier est toujours absent de l’écran). Bref Kurokawa est un personnage fort appréciable.
Et le dernier personnage important de l’histoire est Caproni, inspiré de l’ingénieur italien du même nom, qui tout au long du film guide Jiro dans ses choix, le conseille, le rassure. La relation entre Jiro et Caproni ressemble à une relation entre un homme et sa conscience, comme Pinocchio et Gemini Criquet.
Mais que traitant d’une histoire vraie (en partie bien sûr), Le vent se lève s’autorise des envolées fantastiques, lyriques (les discussions entre Jirō et Caproni) parfois magnifiques (Jirō enfant pilotant un avion), parfois terrifiantes (un ciel bleu qui devient menaçant par l’arrivée de bombardiers allemands ou alors un cimetière gigantesque rempli de carcasse de chasseur Mitsubishi).
Le vent se lève dispose d’une mise en scène épurée qui laisse libre champ aux personnages et à leurs émotions. On pleure, on rit, on trépigne, bref on vit. D’où l’importance du titre Le vent se lève qui fait écho à la seconde moitié du vers écrit par Verlaine « il faut tenter de vivre » car malgré les aléas de la vie, les coups durs, les joies, les peines, le plus important est de vivre… peu importe que l’on soit riche ou pauvre, il faut vivre simplement et heureux.
Miyazaki ne nous donne pas une leçon de vie mais une voie qu’il est possible d’emprunter pour se sentir pleinement satisfait.
Le vent se lève est à la fois un film coloré, joyeux, également triste et sombre mais dont on ressort avec une envie dévorante de vivre.

Alexis du Cine@lex

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