Le retour des terribles lézards

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai envie de parler de ce film que je considère parmi mes préférés. Vu à sa sortie (à son 1er week-end en salle) et une 2ème fois après les fêtes de Noel, DINOSAURE reste pour moi l’un des plus beaux films jamais réalisé de cette décennie. 

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DINOSAURE de Eric Leighton et Ralph Zondag

Note: ♥♥♥♥

Film à l’état de projet quand Paul Verhoeven et Phil Tippett furent approchés pour le mettre en scène, mais abandonné par la suite car jugé trop violent, Dinosaure fut oublié pendant plus de 20 ans et rangé dans un tiroir des studios Disney avant de refaire surface grâce au duo Ralph Zondag et Eric Leighton (le 1er ayant travaillé sur Robocop et le second sur L’étrange noël de Mr Jack).

Pendant plus de 5 ans et après un travail intensif repoussant les limites de la technologie de ce début de millénaire, Dinosaure sortit enfin au cinéma (le 15 ou 29 novembre 2000).

Le verdict (personnel) est sans appel, il s’agit d’un véritable chef d’œuvre.

Certes le scénario semble dépourvu d’originalité et de quelques erreurs biologiques, mais il faut avouer que l’on y croit dur comme fer.

L’histoire raconte comment Aladar, un jeune iguanodon ayant été séparé de ses origines et se retrouvant par une suite de hasards élevé par des lémuriens sur une île isolée, doit survivre sur la terre des dinosaures récemment dévastée par une météorite.

De ce pitch simple, Dinosaure distille une série de thématiques sur l’apprentissage, le voyage, la naissance d’un chef et la recherche d’une terre promise qu’approuverait Joseph Campbell.

En effet, notre héros est sélectionné comme le messie qui conduira les égarés et les faible via une introduction osée pour l’époque (pendant 5 à 6 minutes c’est presque un documentaire en immersion dans le monde des dinosaures et on y croit), à travers les mésaventures d’un œuf dans le quel est entrain de naître Aladar. Par la suite nous le voyons grandir en devenant certes un gros lézard de plusieurs tonnes, mais en adoptant une stature de leader (surtout qu’il est élevé par le chef des lémuriens Yar et sa fille Plio) tout en acceptant sa différence au sein de sa famille (qu’il aime énormément).

Ensuite nous pouvons voir qu’un évènement dramatique le fait quitter son habitat (la chute d’une météorite suivie d’un déluge de feu ressemblant au largage d’une bombe atomique).

Survivant avec quelques rescapés, Aladar se retrouve sur la terre où il était censé naître et grandir, mais ce paysage est devenu désertique et hostile.

Son arrivée est bouleversée par la rencontre avec ses semblables (qui ne se distinguent aucunement) et finit par rencontrer celle qui sera sa future compagne (une iguanodon nommée Neera) mais qui est bien sûr la sœur du chef de la horde (thème classique de la dualité entre deux personnalités diamétralement opposées).

Le long voyage qui s’ensuit et une sorte de mise à place de tout l’apprentissage de Aladar que lui a inculqué sa famille. Bien évidement ne comprenant pas la mentalité du chef de la horde, Kron, Aladar se range du côté des parias et des plus faibles car “ils ralentiront les prédateurs” et forme ainsi un nouveau groupe (ou famille).

Le film a ce moment montre l’étendue de la sagesse et du savoir vivre de Aladar et lui permet d’attirer l’attention de Neera (après avoir subi un râteau absolument hilarant peu avant), il exprime sa philosophie et son point de vue sur le monde (certes simplifié dans le film mais nécessaire dans la psychologie et la caractérisation du héros).

Alors qu’il commençait à gagner le respect des autres (il sauve la vie de la horde en trouvant de l’eau) tout est balayé par le danger de prédateurs mais surtout par l’attitude bornée de Kron, ignorant les idées de solidarité de Aladar.

Comme un héros classique, Aladar subit un de ses plus gros échecs personnels et existentiels dans le récit avant de subir le deuxième plus grand échec où il se sent comme un paria qui ne mérite pas de vivre.

Pourtant c’est grâce à sa famille et ses amis qu’il retrouve la force de se battre et de survivre.

Après deux combats sauvages entre Kron et le carnataure (le méchant physique puisque Kron est le méchant idéologique), Aladar devient ce pourquoi il était fait: devenir chef et mener la horde à la terre promise et ainsi commencer une nouvelle vie.

Dinosaure respecte les codes des mythes fondateurs comme le soulignait Joseph Campbell dans son ouvrage L’homme aux 1000 visages. Mais ce qui rend Dinosaure attachant ce sont les personnages et la réalisation.

Quand je parle de réalisation, je parle bien sûr des apports en matières de technologie avec cette représentation de ce monde disparu est absolument impressionnante et criante de vérité mais aussi dans sa mise en scène, à la fois épique et bestiale. Comment ne pas avoir des frissons devant l’intro du film? Ou alors ce plan magnifique quand la horde marche sur une dune en contre jour avec la musique de James Newton Howard? Ou au combat final contre ce carnataure ou même dans les derniers instants du film avec ces dinosaures qui mugissent dans une plaine verte?

Le film se montre aussi violent (pourtant distribué par Disney) et sombre qu’il peut être émouvant et drôle (même si ce dernier point n’est pas le point fort du film).

Ensuite les personnages du film sont tous attachants à commencer par Aladar, une sorte de Moïse reptilien et qui cherche à prouver les biens faits de la solidarité; ensuite Kron, son opposé, un personnage dur mais involontairement mauvais qui ne cherche finalement qu’à mener les survivants en lieu sûr mais que sa posture de leader rend fou (cela dit sa mort est véritablement triste); Neera est l’élue dans le cœur de Aladar qui se placera du côté de son amoureux car ils se comprennent. Les lémuriens sont aussi très attachants et ont leur bon côté, Plio ayant la palme puisque elle est celle qui guide Aladar tout au long du film. Zini est peut être le personnage qui ne “sert” qu’à faire des blagues mais qui finalement reste attachant et sympathique.

Certes le film ne brille pas par son humour et aurait pu approfondir les thèmes abordés en développant et en rallongeant son histoire ;

mais Dinosaure est sans nul doute un des plus grands films d’animation jamais réalisé qui n’égalera peut être jamais la trilogie Toy Story mais qui s’en rapproche grandement.

Bref Dinosaure est un film à voir.

Alexis du Cine@lex

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