Home sweet home

Homefront écrit par Sylvester Stallone avec Jason Statham est certainement le meilleur film de Statham. Stallone et Statham sont inséparables (en même temps ils ont bossé sur Expendables 1, 2, 3) et Statham était déjà à la base un grand admirateur de l’étalon italien. Homefront devait être à l’origine un Rambo 5 où ce cher John devait se battre contre des trafiquants de drogue, mais en rencontrant un de ses plus grand fans (pas moi hélas) qu’est le héros de la trilogie Transporteur il a décidé de confier le rôle principal à ce dernier. 

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Homefront de Gary Fleder

Avec Jason Statham, James Franco, Kate Bosworth

Note: ♥♥♥

Homefront est l’adaptation d’un roman de Chuck Logan, l’action se situe dans un patelin près d’un bayou où un papa tente d’offrir une vie tranquille à sa fille depuis le décès de sa femme. Mais un trafiquant d’amphétamine a décidé de jouer les gros durs avec ce père car ce dernier est un agent infiltré de la DEA.

Homefront est un pur film d’autodéfense rural, que ce soit dans son atmosphère, son unité de lieu, les personnages. A la seule différence c’est que le héros est interprété par Jason Statham. Ce détail à son importance pour la suite. Le film possède une ambiance de vrai film de série b et pour tout dire on sent le talent d’écriture Sylvester Stallone (rappelez vous il a créé Rocky Balboa), en effet ce dernier installe son histoire, pose ses personnages, fait monter la tension avant qu’elle n’explose dans une violence brutale et saignante. On sent un réel intérêt pour les personnages et les relations humaines (nombreuses dans le film), l’importance des liens du sang (l’histoire tourne autour d’une confrontation entre deux familles solidaires), l’esprit de communauté (on explique à quel point les histoires de querelles peuvent déraper). Sur 1h45-1h50 de film, l’humain prend le pas sur l’action à 80% et le reste est éparpillé par parcimonie par ici et par là. Ainsi on se prend d’affection pour le père et la gamine, on tremble de peur devant la famille de camés… bref les personnages avant tout.

L’exposition des personnages est très bien faite surtout celle qui concerne Gator le bad guy de l’histoire (très bien interprété par James Franco).

Mais là où il y a un pépin, des pépins plutôt, c’est dans la réalisation et Jason Statham. En effet la réalisation de Homefront n’a pas été assuré par Sly (occupé sur d’autres films, notamment Expendables 3), elle a été confiée à Gary Fleder qui ne réussit pas retranscrire à l’écran un pur film d’autodéfense à l’ancienne et donne l’impression de filmer un simple actionner bourrin et bas du (home)front (le premier qui fait une remarque sur ce jeu de mot aura le droit à… du chocolat) ainsi les scènes d’action et de fusillades sentent plus les DTV décérébrés avec une caméra jamais statique et un montage un peu trop hachuré. De plus le montage semble avoir été fait avec les mains surtout à la vue de deux transitions très maladroites et un peu injustifiées.

Ensuite Jason Statham a beau être crédible en papa poule, il reste assez inexpressif, malgré des tentatives de jouer le drame, et son côté transporteur reprend le dessus sur toutes les scènes d’action ce qui fait que l’on ne ressent jamais de danger pour son personnage.

De plus le dernier quart d’heure du film se déroule comme un final digne du Transporteur, ça s’excite dans tous les sens, ça canarde trop, Jason Statham pète la tête au méchant avec ses prises de kung-fu. C’est vraiment frustrant car le gun fight final aurait du être le vrai final de Homefront, de l’action sèche et brutale comme on l’aime, s’en ajouté des effets dramatiques qui retombent presque directement (l’enlèvement de la fille ne dure au final que 7 minutes).

Frustrant car Jason Statham est très bien entouré, le duo qu’il forme avec James Franco marche du tonnerre.  D’ailleurs en parlant de James Franco, son personnage est terrifiant et sa relation avec son entourage est malsaine et toujours sur le fil rouge.

En ce qui concerne le reste du casting, il est très bien, mention spéciale à la gamine sorte de Mindy Macready qui a du répondant tout en apportant une touche de vulnérabilité touchante.

Pour ce qui est du thème de la loi du talion, il faut noter une vision beaucoup plus complexe que la plupart des films surfant sur le même thème, car Homefront montre les méfaits de l’autodéfense des deux côtés (des gens biens et des gens “mauvais”) et ainsi on assiste à un effet boule de neige qu’aucun des deux camps ne souhaitaient.

Homefront, malgré une réalisation peu inspirée (et ça fait mal de dire ça quand un film d’autodéfense est aussi bien écrit) et un Statham qui tente de s’impliquer mais hélas ce n’est pas assez, est une bonne série b qui propose du sang neuf.

A voir tout de même.

Alexis du Cine@lex

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