Promenons nous dans les bois

Il s’agit très certainement d’un des plus célèbres found footage jamais réalisé. Il n’est peut être pas le mieux réalisé mais il a quelque chose d’intéressant. Le projet blair witch narre les mésaventures de plus en plus terrifiantes de trois étudiants mystérieusement disparus, en 1994, dans une forêt qui, selon une légende locale, abriterait une sorcière du nom de Blair. 

Image

 

Le projet blair winch de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez

avec Heather Donahue, Joshua Leonard, Michael C. Williams

 Note: ♥♥♥

Ce qui a fait le succès de ce film est avant tout le buzz magnifiquement orchestré par les réalisateurs du film mais aussi les producteurs. En effet c’est un des premiers films à avoir utilisé internet comme un moyen marketing peu cher pour attirer le public dans les salles obscures.

Il faut reconnaitre l’intelligence des personnes derrière ce film qui ont parfaitement assimilé les leçons de Ruggero Deodato et de son Cannibal Holocaust pour faire monter la sauce et briser le quatrième mur qui sépare les spectateurs du spectacle. Ainsi Daniel Myrick et Eduardo Sanchez ont longtemps fait planer le doute sur la véracité de ce qui avait été filmé, ils ont également créé tout le côté légende urbaine ce film pour offrir aux spectateurs une expérience forte avant même de découvrir le film. Mais ça c’était en 1999.

Quoi donc en penser en 2013, après qu’une flopée de found footage soit sortie sur grand écran plus ou moins réussis- les found footage- tel que Rec, Rec 2, la franchise des Paranormal Activity, Chronicle, Projet X ?

Et bien malgré ces found footage sortis, il faut reconnaitre que Le projet Blair WItch fait authentique, bien qu’il utilise les habituels poncifs (j’ai un trou de mémoire désolé) scénaristiques d’exposition, de péripéties, d’élément perturbateur et de final identique à tous films ‘horreur. Ainsi les 10-15 premières minutes présentent nos trois protagonistes, leur statut social, leur relation entre eux, et les 10-15 minutes suivantes présentent la légende de la sorcière de Blair. Ensuite le film nous plante le décor unique qui ne lâchera ni les héros, ni les spectateurs durant le reste du film (film très court de 1h17 seulement): une forêt, décrite comme petite par la meneuse (donc improbabilité de se perdre), et qui, au fur et à mesure que le film se déroule, devient oppressante, anxiogène voir claustrophobe. La forêt toute mignonne du début devient un lieu quasi fantastique jonché de symboles étranges et inexplicables. Cela reste quasi fantastique, car les évènements surnaturels n’interviennent jamais face caméra mais en hors-champ via des bruits inquiétants. Et malgré toute la bonne volonté des protagonistes, le fantastique ne sera jamais capté par une des deux caméras utilisées.

Ce qui en vient à parler de la mise en scène, Le projet blair witch à le look d’un documentaire, son authenticité est accrue par une image granuleuse, les deux caméras utilisés étant du 16mm et les balbutiement du DV. Si au départ, les protagonistes jouent avec les deux caméras, comme par exemple en visitant un cimetière et en réalisant des plans d’illustration pour leur film, ils reviennent à une mise en scène réaliste en interviewant des locaux authentiques sur la légende. On remarquera également que la maitrise technique se détériore au fur et à mesure que le film avance laissant plus souvent place à des plans approximatifs, des mises au point floues. Le point de vue subjectif devient une prison avec ces bords noir qui limite le champ de vision et dont il est impossible de savoir ce qu’il se passe sans que la caméra ne fasse un panoramique pour balayer le paysage. Ainsi si le trio de héros est prisonnier de la forêt, les spectateurs sont prisonniers du film et du cadre limité.

En ce qui concerne les acteurs du film, bien qu’ils jouent leur propre rôle, étant également metteur en scène de leur film dans le film de deux authentiques réalisateur (la mise en abyme), ils s’en sortent bien et leur interprétation est convaincante et l’on ressent parfaitement leur désarroi, leur peur et la folie les prendre. Il y a un petit point à noter qui peut passer comme anodin mais qui peut être considéré comme un clin d’oeil aux slashers c’est la présence de la cigarette normale qui devient à la fin, un manque qui rend les protagonistes terriblement désespérés.

Pour ce qui est de la peur, il ne faut pas s’attendre à une peur tétanisante, mais plutôt à une peur angoissante, en effet et au vue du micro budget alloué, Le projet Blair Witch ne fait que suggérer tout au long du film et n’ose jamais entrer de plein pied dans le fantastique ce qui amoindri un potentiel de peur bel et bien là mais qui ne décolle pas. Ainsi on reste en alerte à des bruits incitants, des signes de présence hostile mais l’hostilité n’est jamais là. Alors certes les dernières minutes sont les meilleures car c’est un climax de fin qui va crescendo en alternant entre point de vue de manière presque épileptique jusqu’à un the end qui renvoie au final de Cannibal Holocaust.

En conclusion, Le projet Blair Witch aura marqué de son empreinte le cinéma d’horreur pour une recherche poussée de la peur du bruit inexplicable et de l’obscurité totale servie par une mise en scène faussement documentaire mais qui fait authentique. Dommage que l’intrigue ne décolle pas à la fin. Un précurseur de la vague de found footage du 21ème siècle.

Quoi qu’il en soit Le projet Blair Witch reste une expérience intéressante à vivre… dans le noir.

Alexis du Ciné@lex

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