I’m a poor lonesome ranger

Si il y en a à qui cela cause un problème que certain préfère Lone Ranger à Pacific Rim, c’est leur problème, il l’assume. Que l’on dise que P.R. et L.R. sont différents parce qu’ils viennent d’univers différents, c’est leur problème. Mais une chose est sûre, Pacific Rim et Lone Ranger ont autant de point commun que ne laissent paraître leur univers. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de deux blockbusters, produit par des majors de Hollywood, tous les deux sont sur un pied d’égalité et seul leur réalisateur respectif pourra montrer qui a la plus grosse. Et Lone Ranger atomise sans problème Pacific Rim. 

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Lone Ranger de Gore Verbinski

Avec Johnny Depp, Armie Hammer, Ruth Wilson, William Fichtner, Tom Wilkinson, Barry Pepper, Helena Bonham Carter

Note: ♥♥♥♥

L’histoire, racontée par un vieil indien à un enfant curieux, se situe dans le far West et il est décrit les aventures d’un ranger du Texas, laissé pour mort, et de son associé Tonto, un indien un peu bizarre certes, mais qui a juré de venger les siens, qui décident de faire justice et de punir les méchants.

L’histoire est simple claire et précise…mais même Pacific Rim avait un scénario simple. Et bien Guillermo Del Toro, malgré la sympathie que j’ai pour lui, n’a pas réussi à imposer sa patte sur son film. Gore Verbinski, que je considérais comme tâcheron il y’a quelques années de cela, a prouvé qu’il était un vrai metteur en scène de blockbuster, insufflant une énergie à des produits insipide.

Lone Ranger a quelque chose de très Rango dans son traitement, l’histoire est racontée par un personnage extérieur (bien qu’il s’agisse de Tonto vieux) et elle donne vie à des personnages fous, bizarres, inquiétants et mauvais. Les personnages ont une personnalité qui lui est propre, le personnage du Lone Ranger a un passé, des principes, des convictions, un sens de la justice inébranlable. Tonto est un personnage, sous ses dehors de sidekick rigolo, tourmenté par ses démons intérieurs mais qui agit dans un unique but. Bien sûr il y a des personnages récurrents que l’on ne peut éviter: la belle demoiselle en détresse dont le héros est amoureux (et réciproque) et des méchants très méchants. Et pour une fois, on peut parler de véritables ordures, vous savez le genre capable d’ouvrir le ventre a un blessé pour lui dévorer le cœur ou ordonner à ses hommes de massacrer sans le moindre remord toute une tribu indienne pour les biens faits du progrès. D’ailleurs il est intéressant à noter que Lone Ranger est brutal pour un film produit par Disney, le sang coule, les gens se font dévorer les organes. Mais pour en revenir au progrès, il est intéressant de voir à quel point les trains et le train que l’on voit lors des derniers actes sont si présents, l’histoire leur accorde une telle importance qu’ils en deviennent des personnages à part entière.

Est ce que Lone Ranger a plus à dire qu’il n’y paraît ? Oui et non. Non car il doit rester avant tout un divertissement, et sur ce point Gore Verbinski a très bien assuré sur ce coup: les scènes d’action, comiques, complètement “what the fuck” s’enchainent sans temps mort et l’on ne s’ennuie pas. Et oui car au final comme dit un peu plus haut, on montre quel est le prix du progrès: exploitation d’étrangers, massacre de population locale, corruption de politiciens et d’homme de loi… tout y passe. Et le spectateur en vient à se ranger du côté du représentant de la vrai justice le Lone Ranger, non pas parce qu’il s’agit du héros mais parce qu’il n’accepte plus les exactions commises par des gens dits civilisés.

Le réalisateur des 3 Pirates des Caraïbes prouve de nouveau qu’il est un excellent technicien et nous offre des moments de bravoure dont il a le secret (les deux grosses scènes d’action de début et de fin sont juste parfaites de maitrise, rythme et de montage) et rend hommage aux western italien(sa violence, ses méchants ignobles et sa musique), le western américain (avec sa morale, son héros) et au super héros (le masque du gérés c’est quoi à votre avis ?). Ces influences sont parfaitement retranscrites à l’écran. Alors la touche Verbinski est aussi de mettre des scènes complètement bizarres en plein milieu du film (cette courte séquence des lapins carnivores), cet humour un peu simplet mais qui fonctionne toujours autant. Bref la mise en scène de Gore Verbinski est peut être moins grandiose, moins spectaculaire que Pacific Rim mais elle est compensée par un découpage maitrisé, lisible, limpide qui ne perd jamais son spectateur (la preuve avec le combat final).

Encore une chose… Johnny Depp, qui est l’acteur le plus irritant de Hollywood, car il ne sait pas se renouveler depuis le début des années 2000, arrive à ne pas faire son Jack Sparrow au Far West, il abandonne ses mimiques grinçantes pour un jeu plus retenu et apporte une attitude zen en décalage avec le moment tout en gardant en tête que son personnage a une quête à accomplir. Et pour une fois, on peut dire qu’il assure le spectacle sans honte. Armie Hammer réussit, grâce à sa gueule d’ange, à donner un visage à un personnage qui apparaît quelque peu dépassé par les évènements, alors certes le personnage a quelque chose d’énervant car il débute en tant que héros, mais Armie Hammer réussit à rendre attachant le Lone Ranger. Quant à William Fichtner et Tom Wilkinson, ils apportent de vrais sales gueules de méchants et se montrent convaincants (le 1er est un vrai psychopathe, le second est une crapule au sourire hypocrite). Helena Bonham Carter n’est pas la belle à sauver du film et apparaît au final cinq minutes sur 2h30 de métrage. La vraie belle de Lone Ranger est Ruth Wilson, belle à chaque fois qu’elle apparaît à l’écran.

Un petit mot sur la musique de Hans Zimmer: elle est épique et rythmée mais aussi référentielle (quelques notes de musique rappellent le thème principal de Il était une fois dans l’ouest) et juste géniale (cette magnifique reprise du final de L’ouverture de Guillaume Tell qui rappelle la reprise de La chevauchée des Walkyries dans Rango de Verbinski).

En bref, Lone Ranger est LE blockbuster de l’été, il atomise sans problème Pacific Rim sur tous les points: il réussit à nous faire intéresser à ces personnages, sa réalisation est maitrisée tout comme son montage, Johnny Depp n’est pas irritant, le propos est intéressant, l’histoire se suit très bien (malgré les ruptures de ton et les interruptions de l’enfant qui écoute l’histoire) et le combat final est juste démentiel et à de quoi en faire pâlir plus d’un.

Lone Ranger est un grand film qui doit absolument être vu. Yiiah!

Alexis du Ciné@lex

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