20 000 lieues sous le pacifique

Après avoir lu beaucoup de critiques professionnels, parfois crétines qui ne comprenaient pas que Del Toro se faisait plaisir et réalisait un film de gamin pour les gamins que nous sommes, et parfois sincères qui vantaient les biens faits d’un spectacle impressionnant au service du plaisir le plus pur;Et après avoir lu les critiques de fans qui étaient parfois plus modérés que les professionnels mais qui avaient aimé ce film et les critiques qui descendaient le film, je suis allé voir ce Pacific Rim. 

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Pacific Rim de Guillermo Del Toro

Avec Rinko Kikuchi, Charlie Hunnam, Idris Elba, Charlie Day, Ron Perlman

Note : ♥♥♥

L’histoire se passe dans un futur proche, des kaijus envahissent au fur et à mesure la Terre et détruisent tout sur leur passage. Pour les contrer, les gouvernements créent les Jaegers, des robots géants, pilotés par deux hommes reliés par un connecteur, Si au départ, les Jaegers sont efficaces, ils ont plus de mal à venir à bout des Kaijus. Mais le pire arrive très vite.

Et pour dire la vérité le film est très bon mais Del Toro a par moment agi comme un enfant et non comme un grand enfant réfléchi. Hélas le film pêche par un scénario qui ne développe pas assez les relations entre les personnages (l’amourette entre le héros et la japonaise est quelque peu plate), la psychologie des personnages (tous cliché A PART LA JAPONAISE, hein Cinfiles), et au final les personnages on s’en tamponne le coquillart (à part la japonaise). Et il y a un trop plein de personnages secondaires (les 2 geeks qui ne peuvent pas se blairer mais qui s’aiment bien quand même, le personnage de Hannibal Cho qui ne sert à rien) là où on aurait pu s’attendre à ce que le film se focalise sur un groupe restreint (style manga sortant d’un Patlabor ou d’un Gundam) mais avec de vrais personnalités et une vraie connexion.

Le héros est inintéressant malgré un trauma qui est son nerf dramatique. Non le vrai personnage intéressant et le héros de l’histoire est la japonaise d’une beauté et d’une fragilité qui contraste avec un tempérament bouillant et un trauma pour le coup vraiment très intéressant. Idris Elba n’est pas mal bien qu’on ne le voie au combat qu’à la fin du film. Pacific Rim est un film où l’interprétation est inégale (seule la japonaise s’en sort vraiment) et tous tirent des kilomètres de tronche inexpressive.

Pour ce qui est de la relation entre les personnages, seule Mako, la belle japonaise, et sa relation avec le chef du groupe Jaeger est vraiment intéressante car la relation entre le père et le fils (à proprement parlé, pas métaphorique) est juste banal, sans intérêt et survolé. La relation entre les héros n’est pas mal mais dommage que la connexion entre eux deux n’aboutissent pas.

Les kaijus sont beaux, originaux, impressionnants, on ressent le danger qu’ils sont et la menace qu’ils pèsent sur l’espèce humaine. Les Jaegers sont eux aussi impressionnants et feraient passer les autobots et decepticons pour des morpions, dommage que les Jaegers ne possèdent pas d’armes personnels car les rares Jaegers à avoir des armes ont la classe (ça m’a fait penser au Géant de fer de Brad Bird). Alors c’est clair, les CGI de ce film sont splendides et ceux qui veulent se confronter aux films de monstre auront du fil à retordre pour arriver à ce niveau.

D’un point de vue mise en scène dans son ensemble, Pacific Rim est bien réalisé, les combats sont dynamiques malgré les centaines de milliers de tonnes qui se foutent sur la gueule. Le montage rempli parfaitement son travail et le spectateur est ravi ça c’est sûr. Ce qui est dommage ce sont les scènes de remplissage qui ne sont pas spécialement intéressantes et n’apportent pas grand chose sauf quand les deux héros du film se connectent l’un à l’autre pour la première fois et qui donne lieu à une scène de flash back à la fois magnifique et tétanisant de frayeurs. L’intro est quelque peu raté et il est vrai que cela aurait été plus intéressant de voir cette intro comme un Pacific Rim 1 et le reste du film comme la suite.

En ce qui concerne le scénario et l’univers du film, J’ai une légère déception que la fin soit aussi brutale, on découvre le monde de ces kaijus mais hélas ce n’est pas approfondi et on saute directement au happy end. De plus on a pas le droit à une confrontation entre la solution des Jaegers, efficace mais quelque peu risquée, et la solution des politiciens, inefficace mais qui donne un sentiment de sécurité (un peu comme dans un bon film de zombie made in Romero).

L’aspect manga, mécha et kaijus trouve une parfaite cohésion dans ce film. Et pour tout dire en ce qui concerne l’aspect mécha je rajouterai un aspect bio-mécha, étant donné la connexion entre le robot et l’humain (un thème que Mamoru Oshii adorerait développer).

Mais malgré quelques points de déceptions, Pacific Rim est un manga live (et clairement Mamoru Oshii aurait aimé réalisé un tel film) de 2 heures où des mécha en foutent plein la gueule à des kaijus. Guillermo Del Toro prouve quand même qu’il est possible de faire un blockbuster qui caresse les balls aux spectateurs dans le sens du poil.

Alexis du Cine@lex

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