Dieu pardonne, lui filme

C’est certainement le film what the fuck de l’année. Je ne sais absolument pas si je dois l’aimer ou le détester. Quand on a regardé un film jusqu’au bout, généralement on dit “ce film est génial” ou alors “ce film est nul” mais Only god forgives échappe à ce conformisme. Alors c’est vrai, je savais à quoi m’attendre avec ce film, je savais que je n’allais pas retrouver de la castagne toutes les cinq minutes ainsi que du sang gicler à tout va… mais de là à m’attendre à un film aussi cinglé. 

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Only god forgives de Nicolas Winding Refn

avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Vithaya Pansringarm

Note: heu chais pas

Le film suit la vengeance d’un petit malfrat, Julian (Ryan Gosling) dans les rues malfamées de Bangkok car son grand frère a été sauvagement tué par un flic d’un genre particulier.

OGF est l’antithèse de Drive, il est son opposé dans tous les sens du terme: il est plus ambitieux, plus fou, moins facile à être abordé, mais reste un étrange film fascinant.

Quoi qu’il en soit il s’agit du film le plus extrême réalisé par Nicolas Winding Refn: la violence est encore plus choquante que Drive et Pusher 3, la réalisation est encore plus soignée que Bronson ou Drive, ses images encore plus forte que Valhalla Rising et son nihilisme est encore plus prononcé que les 3 Pusher réunis. S’agit il de la dernière folie du danois violent ? Fera t il pire ou mieux à l’avenir ? On ne sait pas.

Only god forgives est le film dont la maitrise technique n’est plus à prouver. le film est somptueux, les couleurs dans les bordels thaïlandais sont représentés par des couleurs qui font référence à la violence, au sexe, à des pulsions (dominante rouge). Ces plans à l’esthétique qui rappellent les films d’horreur italiens (Suspiria de Argento entre autre) sont contre balancés par une vision beaucoup plus naturalistes de la Thaïlande en dépeignant la petite vie tranquille du flic-justicier-bourreau plein d’amour pour sa petite fille. Mais quand il s’agit de montrer la violence stylisée et brutale des meurtres, tout devient plus désagréable à regarder et Nicolas Winding Refn fait justement trainer ces scènes comme pour provoquer un malaise chez les spectateurs (la scène de torture en est un parfait exemple).

De plus Nicolas Winding Refn joue avec le montage comme un mauvais plaisantin en insérant des plans d’illustration qui s’attardent sur les réactions des gens spectateurs eux aussi de ces scènes macabres. De plus la musique se fait plus horreur que pop, électro (de Drive ou Bronson) et renforce l’aspect poisseux du film.

Le film est un mélange des genres, mais pas de manière simpliste. On retrouve le sous genre du vigilante movie, du film d’horreur, le film de sabre, le film d’action et le film de gangster. Mais de manière parsemée ainsi impossible de dire à quel genre est rattaché Only god forgives.

Pour ce qui est du scénario, peu de personnes auraient  pu écrire ce film de vengeance, car les thématiques abordées tournent autour des conséquences de la loi du talion, du sexe et plus particulièrement de la castration physique.

Pour la première fois, on montre les graves conséquences de la vengeance comme une spirale infernale dont l’issue est profondément nihiliste. La vengeance n’est pas montrée sous son beau jour et Nicolas Winding Refn le montre parfaitement avec son héros qui est dépassé par les évènements (alors qu’au départ il ne voulait pas se venger). Ensuite il s’agit d’un film sur le sexe (pas le sexe avec des seins dévoilés ou des plans de cul) mais le sexe comme une chose que peu de personne peuvent avoir, généralement source de frustration (voir les instants de “tendresses” entre Ryan Gosling et une prostituée charmante) mai aussi de castration. La castration est abordée ici de manière explicite entre deux personnages pivots importants de l’intrigue: la mère et le flic thaïlandais. La mère domine, humilie son fils en faisant de lui son chien. Le flic corrige Julian (avec des insert d’une statue de boxeur thaïlandais) comme si il disait “je suis meilleur que toi” avec en arrière plan la mère et la prostituée qui passent comme si elles étaient maintenant sous l’emprise de ce flic. Et puis la fin met clairement en avant sa supériorité sexuelle en (spoil) de Ryan Gosling.

De plus Julian est constamment effacé durant les 3/4 du film et subit plus qu’il donne.

Le casting est vraiment pas mal: Ryan Gosling est bon même si il n’a qu’une seule expression sur le visage. Krstin Scott Thomas est géniale, jouant une mère pute raciste et cruelle de la pire espèce habillée comme une cougar et qui semble lancer un appel au sexe. Mais la révélation du film est Vithaya Pansringram, inconnu en occident, il atomise sans problème Ryan Gosling, et se montre flippant en quelques secondes et donne à son personnage une stature non pas de dieu mais de boogeyman signant ses méfaits en chanson d’amour.

Quoi qu’il en soit Only god forgives est le film qui ne laissera pas les spectateurs indifférents et ne fera pas l’unanimité. A voir peut être deux fois pour comprendre les subtilités et ne plus se laisser surprendre par le ton particulier du film.

On pourrait presque dire que Nicolas Winding Renf a réalisé son Apocalypse Now (la même solitude du héros face à des personnages cinglés, la descente inexorable vers l’enfer) tant son film est extrêmement complexe et aborde un une histoire qui semble simple mais qui, au final, ne l’est pas.

Au fait vous ai je déjà donner le sens du mot folie ?

Alexis du Cine@lex

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