L’histoire la plus drôle du monde

Il est vrai que d’habitude, je parle de films et de culture geek. Mais parfois il arrive qu’une histoire de tous les jours frappe à la porte de la vie et vous livre sur un plateau en or une histoire des plus drôles, touchantes et farfelue mais vraie. Cette histoire a certainement une connotation universelle car en chacun de nous, nous nous reconnaissons : ceci est l’histoire d’un jeune homme qui rencontre une jeune fille et c’est tout.

Jusqu’à la mi janvier, je prenais seul le ter qui fait le voyage entre Toulon et Marseille et Marseille et Toulon.

Mais un jour, en étant trop lent, en trainant des pieds, je rate le train de quatorze heures trente pour rentrer chez moi… mais je n’étais pas le seul à l’avoir manqué. Une très jolie fille, les yeux bleus et les cheveux blonds châtains, est un peu déçue. Elle se tourne vers moi et m’adresse quelques mots. Après des échanges de banalités, j’apprends qu’elle va dans la même école que moi : moi je suis en journalisme troisième année, elle en communication troisième année, nous nous rendons compte que c’est la première année pour chacun d’entre nous et que nous sommes le plus loin de notre chez nous.

Durant le voyage de retour (car un ter partait à quinze heures) nous discutons de tout et de rien, grâce à elle, je me refuse à dormir. Elle est vraiment très jolie, et son sourire me plaît beaucoup… moi j’ai l’impression d’être un idiot, une espèce de vieux sans charisme (et de plus avec ma dégaine de pull par dessus ma chemise grise).

Arrivés à Toulon, nous nous quittons, nous nous souhaitons un bon week-end et espérons nous revoir: enfin surtout moi… je ne sais pas, je dois être un peu trop romantique ou alors j’en ai marre d’être seul.

Bref je rencontre cette fille de nouveau dans le métro de Marseille cette fois. Nos échanges sont très cocasses on se dit des “bonjour” des “ça va”, on se demande si le week-end c’est bien passé, le bruit du métro couvre un peu trop notre conversation, alors nous devons tendre l’oreille pour bien écouter nos vies palpitantes d’étudiants. Je dois avouer que j’apprécie ces instants, car ils détruisent la monotonie que je connaissais depuis ma rentrée.

Le rituel de l’aller redevenait parfois monotone car je ne la voyais pas, je ne pouvais lui parler. Mais quand on se voyait, j’aimais beaucoup ces moments. C’était comme si une dimension s’ouvrait et me permettait d’oublier cette atmosphère triste et sans saveur. Nous aimions faire une chose très drôle: nous lisions l’horoscope pour savoir si notre journée allait être bonne ou non. Et quand nous réalisions les derniers mètres qui nous conduisait à nos salles respectives nous nous disions “Bonne journée” “Salut” et nous nous quittions.

Malheureusement, l’après midi je ne revoyais plus cette amie et le retour était un peu trop normal.

Et puis ce jour là, vendredi , je la revois, il m’est impossible de la confondre car je peux la reconnaître parmi une foule écrasante. Je m’avance vers elle, nous nous sourions, nous nous saluons, une petite bise sur la joue est toujours un plaisir, et nous prenons de nouveau ensemble le chemin de l’école. Elle me raconte que aujourd’hui elle passe des épreuves, je lui demande comment elle se sent, elle dit qu’elle est un peu nerveuse. Je ne suis pas psychologue, ni coach, mais je lui apporte mon soutien. Je lui confie que cette semaine je ne l’ai pas vu, elle me donne ses raisons. Je comprends. Le métro arrive à destination. Le rituel est le même: nous prenons les journaux qui nous intéressent, nous lisons l’horoscope, nous échangeons les banalités que l’on aime raconter pour passer le temps. Arrivés à l’école, je lui souhaite bon courage, elle me répond merci et me glisse de ne pas l’attendre car elle doit partir ensuite pour un stage, je comprends mais à l’intérieur de mon être c’est l’ébullition. Au moins elle m’a dit qu’elle ne pouvait faire le brin de chemin avec moi au retour.

A la fin des cours je la vois, elle discute avec des amies, je la vois mais je ne fais rien, pourquoi ? Parce que je suis mal habillé, pas rasé, de plus elle n’est pas seule. Je ne m’arrête pas.

Sur le chemin du retour, dans le train, et maintenant que j’écris ces mots, je repense à tout ce que je vis avec cette fille, je trouve que c’est une très belle histoire, faite de discussions, de sourire, de banalité et de regards échangés.

“Mais qu’est ce qui est drôle dans cette histoire ?” me diriez vous.

Et bien depuis que je connais cette fille… que je la croise le matin dans le métro… que nous discutons… que nous sourions… que nous échangeons des banalités… et bien cette fille ravissante, jolie, très jolie… et bien cette fille… je ne connais toujours pas son nom.

Alexis du Ciné@lex

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