Oppa gangster style

Je vais être honnête, je n’attendais rien de Gangster Squad. La bande annonce vendait un film à l’intrigue déjà vu, aux histoires secondaires totalement clichées. De plus la tristement célèbre tuerie dans le cinéma aux Etats Unis avait obligé le réalisateur à modifier une scène qui se disait capitale. Mais derrière le scepticisme, j’espérais… car le casting est composé de très bon acteurs au gueule parfaite (Josh Brolin, Ryan Gosling, Nick Nolte, Seab Penn). Et la déception fut au rendez-vous.

gangster-squad_movieposter

Gangster Squad de Ruben Fleisher
avec Josh Brolin, Ryan Gosling, Emma Stone, Sean Penn, Nick Nolte, giovanni Ribisi, Robert Patrick

Note: ♥

Inspiré d’une histoire vraie (Mickey Cohen a réellement existé) Gangster Squad ne propose qu’un sous Les Incorruptibles. L’histoire se passe en 1949, Los Angeles est devenu une ville corrompue aux mains du terrible Mickey Cohen, un policier est chargé de recruter des incorruptibles et faire la guerre aux criminels.
Même si l’intrigue semble simpliste, Ruben Fleischer (Zombieland, quoi) n’arrive pas à rester dans une ligne narrative linéaire et veut à tout prix y mettre des enjeux dramatiques et romantiques pour rendre son film plus humain, plus accessible (plus commercial ?).
Il y a deux films en un dans Gangster Squad: un film de vigilante façon Incorruptibles et une histoire dramatico-romantique tirée par les cheveux.
Le réalisateur ouvre son film sur des images violentes (influence de Zombieland ?) avec des corps mutilés, du sang qui gicle à tout va, bref une exposition de la violence trop contemplative et trop racoleuse que l’on peut se demander pourquoi ont ils voulu remplacer la scène du cinéma par une scène dans Chinatown visiblement mal réalisée et qui au final n’apporte rien.
La mise en scène de Ruben Fleischer est clairement peu inspirée, usant jusqu’au bout des effets de style déjà exploités auparavant et d’une meilleure façon (les ralentis ont déjà été utilisés dans Les incorruptibles ou même dans les films de Peckinpah et John Woo avec un effet beaucoup plus percutants), il allie à cela un dynamisme grabataire où les personnages font au final des allers retours entre quelques lieux. Et plus encore, Gangster Squad s’offre une photographie de type sepia vintage pour justifier que l’action se passe en 1949, avec un problème d’étalonnage de l’image qui fait mal aux yeux quand il s’agit de capturer un combat à mains nues (on dirait du DV pour pauvre), alors que quand la caméra est posée l’image est plutôt jolie et agréable à regarder.
Pour ce qui est du scénario et des personnages, le bât blesse. En effet le scénario enchaîne les incohérences et les paradoxes, par exemple la femme du héros déteste que son mari s’en prenne à des hommes armés pourtant elle l’aide à recruter ses hommes de mains, le personnages de Ryan Gosling fricote avec la maitresse de Mickey Cohen jusqu’à ce qu’elle se rende qu’il est un flic et jusqu’à ce que Mickey Cohen se rende compte qu’il est cocu (alors que c’est gros comme un camion).
Mais le gros défaut vient des personnages. Avant, dans un film qui mettait en scène un groupe de héros, il n y avait qu’un personnage badass, dans Gangster Squad tous veulent jouer le type badass (les gentils comme les méchants) alors que le vrai badass est le flic interprété par Robert Patrick. Le groupe de super flics est composé de 4 vrai personnages bien distinct (le chef, le bras droit, le badass et l’espèce de geek féru d’électronique) et de deux figurants inutiles. Pour ce qui est de Mickey Cohen, il est en rien impressionnant et ne fait clairement pas peur. Sean Penn, qui est considéré comme un acteur qui s’implique dans ses rôles, parvient tout juste à cabotiner (De Niro et Brando sont indétrônables). Emma Stone, la touche romantique du film, est bonne à se trémousser dans de jolies costumes et ressemble plus à Jessica Rabbit qu’à une vraie femme fatale des 30-40 (Jessica Chastain dans Lawless était meilleure) et son personnage n’apporte encore plus d’invraisemblance au film (comment savait elle où se trouver son Don Juan quand il discutait avec le personnage de Josh Brolin ?).
Josh Brolin et Ryan Gosling n’apportent aucune épaisseur à des personnages clichés et jouent mal les hommes durs à l’extérieur et doux à l’intérieur. Surtout Gosling qui s’implique peu quand il doit jouer l’homme en colère, affichant qu’une seule expression faciale durant tout le film. Pour les autres incorruptibles, mention à Robert Patrick plutôt bon dans le rôle du badass (le vrai), malheureusement Giovanni Ribisi a un rôle pas assez important et ressemble à un punching ball pour badass.
Pour ce qui est de la scène dans Chinatown,elle remplace celle prévue dans le cinéma. A l’évidence, une moralité de conscience est passée par là mais au final cette scène de remplacement n’apporte pas grand chose niveau tension et mise en scène. Pour ce qui est du combat à mains nues, elle semble être pompée sur le duel final dans le premier Arme Fatale mais la hargne en moins de Martin Riggs.
Gangster Squad est un mauvais film, peu inspiré, avec des enjeux dramatiques mal exploités, des sous intrigues inutiles et une violence soit disant outrancière que cela en devient cynique. Sans oublier que le film a une fin des plus poussives et faussement joyeuses (Mickey Cohen semble être mort en prison alors qu’il est décédé chez lui à l’âge de 66 ans).
Gangster Squad est une vraie déception.

Alexis du Cine@lex

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