Un black parmi les cowboys

“Djangoooo, Django have you always alone… Django have you never love again” et cuomo ce kiki. Il suffit ça ne sert rien de tourner autour du pot, entrons dans le vif du sujet. Je vais être honnête, je n’attendais pas vraiment le nouveau film de Tarantino pour la raison simple que je n’en attendais rien, cela dit dans les bandes annonces plus récentes il y avait un remix fort sympathique de Ecstasy of gold (du film Le bon la brute et le truand) et parfois je me laissais bercer par cette douce musique.

Django-Unchained-Affiche-France

Django Unchained de Quentin Tarantino

avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo Dicaprio, Kerry Washington, Samuel L. Jackson, Franco Nero

Note: ♥♥♥

Quand je décide d’aller voir le film, j’ai une petite lueur d’espoir, je m’imagine sortir de la séance, transcendé. Je ne présenterai pas d’excuses, mais je ne crierai pas au chef d’oeuvre pour faire plaisir à ceux qui ont adoré (et qui ont raison d’adorer).

Django unchained raconte l’histoire de Django un esclave noir sauvé par King Schulz et ensemble ils vont se rendre à Candyland pour sauver Bruma Ilda, la femme de Django. En chemin, Django va devenir un chasseur de prime efficace et redoutable.

Ce nouveau film de QT est, il faut le reconnaître, un bel hommage au Django de Corbucci, dés la première seconde du lancement du film, la chanson géniale de Django (l’original) est jouée avec le même titrage rouge sang. Par contre dommage que le début soit aussi découpé (alternance gros plan/plan large/gros plan/plan large) là où Corbucci se contentait du minimum (peut être 5 ou 6 plan pour son ouverture). Cela la suite reste intéressante, la présentation de Schulz est très drôle avec sa façon de parler, de se comporter avec des cowboys analphabètes avant de liquider ou alors pour amadouer un Marshall et lui conseiller de le payer.

L’évolution de Django est intéressante car quand on le découvre il n’est rien, il semble effacé, indifférenciable des autres esclaves, il est en retrait par rapport à Schulz, jusqu’à ce que celui ci lui donne les armes de la vengeance. La relation entre Schulz et Django est comparable à celle d’un maître et son élève et devient en quelque sorte fusionnelle (quand Dlango dira adieu à son maître on sentira qu’il y avait plus qu’une simple relation entre chasseurs de prime). Django va devenir de plus en plus une icône, aidé par le récit légendaire de Bruma Ilda et Siegfried, le confortant dans son statut de future légende.  Ainsi les personnage que rencontrera Django seront des sortes de dragons qu’il n’aura pas peur de défier et de vaincre.  Une petite déception sur le côté iconique : Django montre son statut de légende vivante naissante aux blancs, mais ne le montre pas devant sa fratrie noire (même pas à la fin).

Par moment Tarantino est transcendant, donnant une vision épique de la vengeance servi par la musique originale de Bacalov. Ainsi dans le film original la musique servait à montrer des exactions particulièrement sadique, ici la musique se fait vengeresse.

Pour ce qui est de la mise en scène, Tarantino prouve un vrai amour du genre, réalisant des gunfights brutaux où le sang gicle dans un style très esthétique. Par contre il faut être clair, Tarantino ne fera jamais du Leone. Le film est classique dans sa mise en scène, et il n y a pas d’effets de style novateur, Tarantino reprenant ce qui a déjà été fait par des réalisateurs grandioses (Leone, Peckinpah, Corbucci) en le transposant de nos jours.

Pour ce qui est de l’histoire, le plus surprenant est sa linéarité mais qui est justifié par la naissance d’une icône. Cela dit QT casse un peu cette linéarité en proposant des flash back sur qui était Django, sa relation avec ses bourreaux, mais aussi dans des scènes un peu WTF comme la scène hilarante des cagoules du klu klux klan.

Si par moment Tanrantino fait rire, provoque le malaise, il peut être ennuyeux. Car le gros problème de Tarantino c’est qu’il continu de faire parler ses personnages, là où de la castagne serait le bienvenue. Si les dialogues sont justifiés il aurait été bien vu de les raccourcir ou de les rendre plus directs. Ensuite les visions hallucinantes de Django ne sont pas vraiment intéressantes et n’apportent pas vraiment grand chose. Et la scène cruciale de la résurrection du héros est légèrement ridicule, avec une apparition de Tarantino qui confirme que ce n’est pas un bon acteur (mais il s’amuse bien) mais la mort de son personnage est bien rigolo.  Et le final est quand même bâclé, là où l’on attendait le héros s’en allait directement après avoir réglé le compte à ses ennemis, Tarantino filme une danse un peu ridicule et qui n’apporte pas grand chose (qu’est ce que cette danse veut dire au juste).

Pour ce qui est du casting, Tarantino s’est bien entouré: avec les habitués comme Christoph Waltz, Samuel L Jackson. Pour ce qui est de Jamie Foxx, l’acteur est bien mais j’ai toujours préféré voir Michael J White dans le rôle. Leonardo Dicaprio est sensationnel, hilarant, sadique, charismatique et vole presque la vedette au héros. Christoph Waltz a le rôle le plus humain, alors que dans Inglorious basterds il jouait un nazi sadique, ici il interprète un personnage qui est toujours bon, honnête, parfois un peu ennuyé par les envolés de son partenaire mais toujours bienveillant quoiqu’il arrive.

Samuel Jackson est drôle en noir qui pense comme un blanc. Pour ce qui est de Franco Nero, je suis quand même déçu de son caméo qui se contente de faire “coucou je suis là” problème il se peut que la jeune génération ne comprenne cette discussion entre Django et cet homme d’affaire italien. Et en y réfléchissant bien, Franco Nero aurait pu être le mentor de Django.

Pour ce qui est de la violence, qui en aurait fait vaciller plus d’un dans la salle: elle est brutale certes mais pas aussi insoutenable que je l’imaginais (le plus dur est hors champ), par contre la représentation de l’esclavagisme est sans pathos, sans exagération prouve que même un cinéaste comme QT a compris qu’il ne valait pas caresser le spectateur dans le sens du poil (et lui donner bonne conscience) : les esclaves se battent par obligation, se font dévorer par des chiens, sont fouettés, etc.

Au final Django unchained est un bon film, il n’est pas un chef d’oeuvre car Tarantino se contemple à filmer et oublie parfois de se mettre au service de l’histoire… mais dans le fond c’est un plaisir savoureux où le spectateur peut s’amuser et se détendre.

“Vous attisiez ma curiosité, maintenant vous avez toute mon attention”.

Alexis du Cine@lex

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