Un caméléon en pleine crise identitaire

“Quel est ton nom bonhomme ?” “Rango” 
Je dois avouer que cela faisait longtemps que je cogitais en me demandant “que dire ?” Bon certes j’ai écrit quelques lignes sur le film mais tel Rango je dois avouer que j’aime écrire une longue critique et ensuite lire “un boulot formidable mon gars”. 
Bon il n y a rien de narcissique mais c’est toujours plaisant de lire ce genre de commentaire.

Image

Rango de Gore Verbinski
avec les voix de Johnny Depp, Abigail Breslin

Note: ♥♥♥♥

Quoiqu’il en soit, Rango est un film de Gore Verbinski et je dois avouer que pendant un certain temps j’ai pris ce réalisateur pour un tâcheron, un faiseur de blockbuster…mais l’homme est bien plus que cela,il est un vrai réalisateur et aime se faire plaisir sur un film. Et Rango en est de nouveau la preuve.
L’histoire suit un caméléon en pleine recherche identitaire et existentialiste et qui va se retrouver à sauver une ville de style western d’un grave danger.
Au dela d’un synopsis simple, Rango va déployer un univers et une ambiance que peu de cinéaste ou de studio on eut le courage de faire. Gore Verbinski décide donc de livrer un film mêlant western italien, film surréaliste, film existentialiste et film d’action avec une facilité déconcertante.
Le réalisateur des Pirates des Caraïbes crée une sorte de mise en abyme en proposant comme héros un acteur qui se fond dans le rôle d’un caméléon qui se prend pour un acteur qui se prend pour un héros. A partir de ces multiples couches et de ce qui va en découler,l’intrigue prend forme au fur et à mesure que le héros rencontre des personnages.
Rango fera la rencontre d’archétypes du cinéma: la femme amoureuse, la fille admirative, le méchant cruel,le bras droit et tous pleins de figurants complètements loufoques.
Toute cette ambiance enfantine et contre balancé par une thématique peu compréhensible pour un enfant qui pensera voir un film “rigolo” car les scènes de rêves et de visions surréalistes sont là pour guider le héros dans sa quête identitaire.
Car tel un héros de conte (ou de romans) pour enfants, Rango va s’affirmer de plus en plus, et endosser le rôle qu’il ne tenait pas au départ (même si il est le personnage principal) : celui du héros de son histoire.
Le scénario peu compliqué, en apparence, s’affirme complexe quand on épluche les tenants et aboutissants de l’intrigue et son enjeu dramatique: l’identité (si ce n’était pas clair).
Mais une histoire ne peut plaire sans qu’il y ait une réalisation et Rango le film déborde de dynamisme via une mise en scène empruntant à la trilogie des Pirates (et il ne s’en est pas prié le bougre) , aux western de Leone et au surréalisme (d’un Lynch, d’un Guilliam) et par un montage laissant libre court au délire visuel de Gore Verbinski. Rango est servi aussi par une B.O. rendant un hommage appuyé à Ennio Morricone (avec un remix de la chevauchée des walkyries digne de Mon nom est personne).
Les Personnages sont charismatiques et ont de la gueule (comme chez Leone). Rango déploie une panoplie de seconds rôles encore plus fous que le protagoniste du film (c’est dire à quel point ils sont tous cinglés) sans jamais tomber dans l’humour hystérique ou pipi caca ou des personnages inquiétants (Jack la morsure extra).
Rango est un film qui réconciliera les adultes et les enfants-après des chefs d’oeuvres d’animation tel que Numéro 9, Mary&Max, Dragons, Raiponce, Toy Story 3- car le sérieux des adultes s’accorde parfaitement avec la drôlerie des enfants.
Surréaliste, sombre, drôle enchainant les scènes d’actions avec un humour décapant, Rango est un des meilleurs films de l’année 2011.

Alexis du Cine@lex

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