Romance gothique

Il s’agit du SEUL film que je voulais voir à sa sortie avec un autre film (un super héros movie du nom de TDKR)  et frustration, colère, il n’est pas passé dans l’un de mes cinémas, vous imaginez la suite: crise de nerf, j’envois tout balader, je me calme. Et la semaine dernière que vois-je ? Du rouge, du bleu, du vert… en fait le DVD de Jane Eyre. 

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Jane Eyre de Cary Fukunaga

avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jalie Bell, Judi Dench, Immogen Poots, Holliday Grainger, Tamzin Merchant

Note: ♥♥♥♥

Pour les quelques personnes qui ne savent pas, et c’est normal car après tout Jane Eyre appartient au patrimoine anglais, Jane Eyre est un roman de Charlotte Brontë (romancière du 19ème siècle) qui a la particularité de traiter son histoire avec romantisme et tourment. Jane Eyre (bourrage de crâne) raconte l’histoire de cette jeune demoiselle qui vécut une enfance malheureuse, mal traité par ses semblables, ses professeurs, et qui devint à l’âge adulte une femme intelligente au caractère bien trempée mais qui tomba amoureux de son employeur Sir Rochester; naîtra une histoire d’amour passionnelle et donc à fleur de peau: mais soyez rassurez tout se terminera bien (avec quelques surprises, tout de même).

Jane Eyre a eu droit à de nombreuses adaptations: cinéma, télévision, deux adaptations resteront dans les annales la première avec Timothy Dalton (considérée comme la meilleure) et une autre avec Charlotte Gainsbourg (considère comme… on s’en fout). Cette nouvelle adaptation a le mérite de proposer un casting plus proche des personnages et de ce que le lecteur peut se faire d’eux si ils existaient vraiment. La trame de ce Jane Eyre version reste fidèle au roman (apparemment) mais Cary Fukunaga propose un traitement nouveau, orientant l’histoire vers le cinéma d’horreur gothique et le fantastique old school.

Quand on regarde le film, on se rend compte qu’il y a bien une ambiance d’épouvante gothique mais intelligemment suggérer et laissant même penser que tout ceci est dû à la folie du personnage principal.  Mais cette référence est contre balancée par une histoire d’amour extrêmement tendu et prête à exploser. Mais le plus drôle c’est de se dire que ce que propose Cary Fukunaga est certainement mieux que ce que nous a proposé les américains avec Twilight. Pourquoi ? Nous retrouvons ce qui fait une histoire d’amour: tension, passion, romantisme, déchirement, doute et bonheur. Et tout cela est parfaitement retranscrit à l’écran par le réalisateur, le scénario et les acteurs.

Mia Wasikowska et Michael Fassbender forment un duo crédible et donnent vraiment l’impression d’une alchimie, qui fonctionne à l’écran (les discussions entre Jane Eyre et Rochester sont pleins de sous entendus attractifs, d’appels). Jane Eyre interprétée par Mia Wasikowska (oh ça va!) transpire d’un passé mouvementé et d’un fort caractère qui va à contre sens des moeurs féminines de son époque mais aussi  des maux de la société. Où qu’elle aille Jane Eyre sème un vent de fraicheur, un tournant.(alors qu’elle reste elle même). Rochester, magnifiquement interprété par Michael Fassbender, est un homme qui cache une vraie sensibilité, une fêlure, sous des airs incroyablement durs (il se montre particulièrement acide envers la jeune fille dont il a la garde) et face à Jane, il s’ouvre, laisse apparaître ce qu’il est. La rencontre entre la glace et le feu.

Le reste du casting est brillant bien sûr, et les personnages qu’ils interprètent sont attachants. Judi Dench est géniale en maîtresse de maison qui tente de guider Jane Eyre sur la bonne voie (attention Judi Dench ne joue pas une tyran), Jamie Bell interprète Saint John un prêtre qui a compris la vraie force de Jane, l’accepte comme tel et devient un potentiel amant et un rival (non physique) de Rochester. Immogen Poots (bine que son rôle soit peu présent à l’écran) est un élément déterminant dans l’histoire d’amour: elle est l’archétype de la femme noble du 19ème siècle, dénigrant tous ceux qu’elle considère comme intérieurs. J’ai un léger regret du peu de présence à l’écran de Tamzin Merchant et Holliday Grainger car elles sont admiratives de cette femme qu’elles vont finir par considérer comme leur soeur. D’un point de vue mise en scène Jane Eyre reste classique, ce qui est un peu son point faible, car il y a des petites idées de réalisation qui auraient pu permettre de sortir le film du carcan habituel du film d’amour. Mais le vrai défaut du film vient sans doute sa durée. Bien que faisant 1h55, et au vue des scènes coupées vraiment réussites (qui accentuent l’horreur, le romantisme du film), le film paraît court alors que l’on souhaite pénétrer davantage dans cet univers, on reste quelque peu en surface. Pourtant, nous sommes happés par le film, son ambiance, son histoire, ses personnages. Quoi qu’il en soit Jane Eyre est envoutant et doit être vu à tout prix car c’est le meilleur film d’amour jamais réalisé et écrase du poing cette honteuse saga Twilight. On ne peut pas faire mieux que le maître étalon du romantisme anglo-saxon.

Alexis du Cine@lex

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