Croire en l’incroyable

Un choc dans tous les sens du terme. La firme Dreamworks Animation, habituée à réaliser des films d’animation pour enfants sans réelle profondeur (dramatique et émotionnelle), se bornant à parodier les films populaire du moment, vient de prouver qu’elle était capable de livrer des films d’animation adulte sous des airs de film pour enfants.

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Les cinq légendes de Peter Ramsey et William Joyce

Note: ♥♥♥♥

Dreamworks est capable du meilleur comme du pire, mais c’est souvent dans le pire que la firme est la meilleure. En effet, les films les plus rentables de la boîte sont les très moyens épisodes de Shrek et les hystériques épisodes de Madagascar. Pourtant, entre ces films d’animation, il apparaît des perles esthétiquement, narrativement et émotionnellement fortes tel que les épisodes 1 et 2 de Kung Fu Panda mais aussi (et surtout) le magnifique Dragon. Les cinq légendes se situe exactement dans la même catégorie que Dragons, une œuvre forte, originale et magnifique sur de nombreux. A la vue de la bande-annonce pourtant, il semblait difficile de savoir comment l’intrigue allait se dérouler en une heure et demie, car imaginer une histoire qui fait intervenir des personnages magiques aussi charismatiques tel que le Père Noël, peut être excitant mais aussi casse gueule. Alors comment s’en sortir ? La réponse est finalement de raconter le film comme si il s’agissait d’un conte. Et Les cinq légendes est bien cela : un conte féérique (jonglant entre imaginaire et réel) mais aussi initiatique, dans le sens le plus pur du terme.

L’histoire suit un jeune héros (Jack Frost, dans ce cas) ne se connaissant pas, ne sachant pas quel est son vrai but dans la vie et qui va l’apprendre au fur et à mesure que l’aventure se déroulera sous ses yeux. Il sera aidé par un groupe dont les membres ont chacun un caractère et une faculté particulière : le Père Noël est le mentor, la fée des dents est la mémoire, le lapin est l’aventurier solitaire et le marchand de sable est la magie. Mais il faut aussi ne pas oublier un personnage important, à l’origine de tous ces êtres : la Lune, qui s’en parler, apporte des réponses et conduit les aventuriers tout au long de leur quête. Ainsi que le croquemitaine, qui peut être vu comme le Malin, celui qui va chercher à corrompre le héros. Car Jack Frost est un héros solitaire, meurtri qui se cache derrière un caractère espiègle ; et c’est justement l’appel du destin qui va lui permettre de savoir qui il est et ainsi trouver la force de battre son ennemi. Ces personnages issus du folklore ont été retravaillés pour devenir plus modernes, plus accessibles mais aussi plus adultes… Après tout Les cinq légendes est très sérieux dans son contenu et aborde les thèmes de l’identité et de l’aventure avec un 1er degré qui frôle par moment le sérieux et parfois l’épouvante.

L’épouvante se voit à travers le croquemitaine, formellement très classique (il est de noir vêtu et ses pensées sont sombres), il se montre au fur et à mesure d’une incroyable cruauté avec ses ennemis mais aussi avec ses propres sou fifres. De plus, il joue la séduction envers Jack Frost, lui expliquant qu’ils sont tous les deux pareils. En une dizaine d’années, le croquemitaine apparaît, sans problème, comme l’un des plus beaux et mémorables méchants issu d’un film d’animation.

Pour ceux qui est de la réalisation, il n y a rien à dire. Les réalisateurs ont mis les bouchées doubles et offrent un film épique, horrifique, drôle et visuellement bluffant avec des visions d’une beauté ahurissante comme par exemple le monde du lapin de Pâques, le monde de la fée des dents et le monde ténébreux de Pich le croquemitaine, et des personnages au look imaginatif et dépoussiéré (le Père Noël et le lapin de Pâques ont eu droit à un dépoussiérage hallucinant qui leur va à ravir). Les nombreuses scènes de combat sont d’une fluidité et d’une lisibilité qui font plaisir contre balancé par le réalisme du monde humain proposant des moments dramatiques poignants : le savoir de Guillermo Del Toro, réalisateur de Hellboy 1 et 2, Le labyrinthe de Pan, y est certainement pour quelque chose (étant un amoureux des monstres et des créatures imaginaires).

Les cinq légendes a quelques menus défauts : le principal défaut est son sérieux très présent durant tout le film gâchant et masquant parfois l’humour enfantin et enjoué bel et bien présent, la relation entre Jack Frost et la fée des dents aurait pu être développée et certaines séquences avec le croquemitaine peuvent faire peur pour les jeunes enfants. Les cinq légendes reste un très bon film d’animation qu’il faut absolument voir en 2D ou en 3D (qui ne fait pas mal aux yeux et qui est très agréable) avec toute la famille car il propose une histoire qui peut être vu à travers les yeux d’un enfant et d’un adulte. Et en ces temps de fête, c’est un plaisir qu’il ne faut pas bouder.

Alexis du Cine@lex

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